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<title>AGIT-LOG - blog politique de gauche</title>
<description>Lisez AGIT-LOG !!!
Agit-Prop Blog politique et militant ! 
Critique des mythologies contemporaines ! 
Ironie subversive ! 
Démystification des discours médiatiques inféodés !</description>
<link>http://agitlog.zeblog.com/</link>
<language>fr</language>
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	<title>ACCUEIL  Agit-Log - blog politique et militant</title>
	<description><![CDATA[
Sommaire d'Agit-Log, blog politique et militant de gauche

&nbsp;
Mardi 15 avril 2008 : Soutien aux travailleurs sans papiers en grève! 
&nbsp;
Lundi 31 mars 2008 : Ensemble, sauvons Mumia Abu-Jamal !


La France de Sarkozy


Jeudi 14 février 2008 : "Enrichissons-nous!" : le nouveau mot d'ordre du patronat et de Sarkoléon&nbsp;(à lire avec Mozilla)

Mercredi 29 janvier 2008 : Rapport Attali : le nouvel oracle reçu par Sarkoléon le petit&nbsp;(à lire avec Mozilla)

<IMG style="WIDTH: 116px; HEIGHT: 82px" src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/agitlog/sigedessin__20080122_px_470__w_ouestfrance_.jpg">





Lundi 31 décembre 2007 : En 2008, accélérez, monsieur le président
Vendredi 21 décembre : Glucksmann, l'idiot utile du pouvoir<IMG style="WIDTH: 48px; HEIGHT: 47px" src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/agitlog/gal_352.jpg">
Vendredi 30 novembre 2007 : Sarkozy décidé à augmenter le pouvoir d'achat... des plus riches
Mardi 23 octobre 2007 : "Conférence sociale" sur l'emploi et le pouvoir d'achat: les artifices de la politique antisociale du gouvernement
Mercredi 03 octobre 2007 : Pétition contre l'amendement sur les tests ADN
Vendredi 28 septembre 2007 : Le nouvel objectif des pompiers-pyromanes du gouvernement: casser la Sécu 
Jeudi 13 septembre 2007 : Les exonérations de cotisations sociales des stock-options plombent la Sécu d'après la Cour des ComptesSarkozy, entouré de ses nouveaux amis et de ses troubadours, vient de créer, à l'occasion de la coupe du monde de rugby, une section UMP au sein de l'équipe de France : voici d'ailleurs la lettre que le XV de France lira désormais dans les vestiaires avant chaque rencontre. Pendant ce temps, la chasse aux sans-papiers continue - avec le soutien de certains élus de "gauche" - et le contrôle administrativo-policier se perfectionne avec les tests ADN.Présent sur tous les fronts, Nicoléon, en attendant son sacre en direct dur TF1, s'attache également à casser la Sécu et à distribuer de l'argent aux plus riches (pardon, aux "ménages les plus favorisés") ... sans aucun complexe !Tout ceci, Serge Sautreau l'annonçait déjà dans son roman satirique, Nicoléon.


Gauches


Mercredi 10 octobre 2007 : Que la fête commence !
Vendredi 14 septembre 2007 : Les libéraux-autoritaires ou l'invention du ségolénisme par les sondages Rentrée politique du PS : après la droite décomplexée, les lions-sots du PS lancent la drauche décomplexée (mercredi 22 août 2007) qui, dans le sillage de l'ouverture de Sarkozy à gauche, organisent leur ouverture à droite (mardi 24 juillet 2007).

La Ve République et la Présidentielle de 2007
Notre série d'articles du printemps 2007&nbsp;consacrés à la critique des institutions de la Ve République et de l'élection du Président de la République au suffrage universel direct.

Economiques

Mardi 29 janvier 2008 : Solidarité avec notre camarade Jérôme Kerviel
<IMG style="WIDTH: 103px; HEIGHT: 68px" src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/agitlog/kerviel.jpg">Le nouveau mot d'ordre de Thierry Breton et des alter-capitalistes : réduisons la dette des pays riches !&nbsp; Un article de Guillaume accompagné d'une réponse de Zabo Queen sur les conséquences politiques qu'il convient de tirer d'une critique radicale du discours sur la réduction de la dette.Ca ne veut pas pour autant dire qu'il faut oublier les restes de l'humanité : comment concilier lutte contre la dette des pays du Tiers-Monde et... antifiscalisme primaire ? Allez demander aux Rolling Stones, Bono &amp; Co, qui ont la solution : fuir le fisc pour éponger la dette !
A l'heure où une partie de l'oligarchie énarcho-patronale nous donne des leçons de modération salariale, les grands patrons - Noël Forgeard en tête, se tirent de leurs boîtes en encaissant de grosses indemnités de départ.

Geek Empire : Pouvoir et surveillance sur l'Ubu Web
Qu'est-ce qu'un geek ? Comment un geek devient-il empereur en son empire ? Comment résister à son pouvoir, et pourquoi ? Ahhhhhh !!!! Et oui, Il faut lire un peu - mais ça se lit comme un roman, c'est Beigbedder qui l'a dit... Il faut lire l'étonnante série du Google Geek Empire - de l'info-conscientisation surtout, un peu d'intox-prop et... quelques rires ?

Le résumé et le sommaire de cette étrange saga, ici !


Europe

Mercredi 05 décembre : Appel du Comité National pour un Référendum sur le nouveau Traité européenMercredi 25 juillet 2007: Pour un référendum sur le nouveau traité européenFace à la Commission européenne qui s'apprête à karchériser le droit du travail, les syndicats européens et français organisent la résistance (mars 2007). De son côté, le Parlement européen, prenant la Commission à contre-pied, considère désormais que le CDI à temps plein doit rester la norme (juillet 2007). Quant à l'action de l'UE en faveur du "développement durable", elle consiste principalement, sous couvert d'aider les pays africains "à se prendre en mains", à obtenir de ces derniers l'ouverture totale de leurs marchés à travers de nouveaux accords de partenariat économique (APE)... et pour colmater les brêches, on a toujours de quoi faire la charité avec l'aide publique au développement.Pendant ce temps, nos amis ouiouistes n'ont toujours pas renoncé, et deux ans après... le traité constitutionnel remue encore !

Société
Mardi 29 janvier 2008 : Témoignages de l’intérieur des centres de rétention français (janvier 2008)Lundi 28 janvier 2008 : Le mythe du « trou de la Sécu » de Guillaume Duval - Notes de lectureLundi 05 novembre 2007 : Bondy - Des papiers pour tous les résidents de Michelet ! LA PETITIONMercredi 14 novembre 2007 : L'OIT vient d'enterrer définitivement le CNE Jeudi 06 septembre 2007 : Les résidents de la clinique Michelet en lutte à BondyMardi 11 septembre 2007 : La maire de Romainville refuse l'inscription scolaire de cinq enfants au motif qu'ils résident dans un hôtel socialJeudi 06 septembre 2007 : Après "Paris Plage", Delanöe lance "Paris Dégage"... les pauvres !

Education

Lundi 24 décembre 2007 : Universités, le Grand Soir : le documentaire de l'Autre CampagneJeudi 20 décembre : Une ancienne prophétie sur l'autonomie des universités, le pouvoir, le savoirLundi 10 décembre : Appel de Nice de la Coordination nationale étudiante - 9 Décembre 2007Débat avec des militants de l'UNEF après les deux lettres ouvertes que leur ont adressées Agit-Log, à propos de l'allocation d'autonomie individualisée et la question des droits de scolarité. 
&nbsp;


Medias



Vendredi 19 octobre 2007 : Réforme des régimes spéciaux : la manipulation de TF1 au service du pouvoir
Mardi 16 octobre : une nouvelle revue politique et culturelle de gauche : la Revue internationale des livres et des idées


International



Mardi 16 octobre : Rappel sur Kouchner (et son rapport), la Birmanie (et sa junte) et Total (et les droits de l'homme)

Samedi 22 septembre 2007 : Kouchner le va-t-en-guerre sans frontières 
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mots-clés : blog politique et militant de gauche - politique - militant - critique - actualités - information politique - présidentielle 2007 - Ségolène Royal - Nicolas Sarkozy - Empire Google - google censure - google politique - blog politique / gauche - Unef - Ubu Babel Wikipedia - Europe - De Gaulle - Allocation d'autonomie - aide publique au développement - Traité constitutionnel - capitalisme - dette publique - Thierry Breton - arrêt sur images - Daniel Schneidermann - Sarko - Ségolène Royal - PS - UMP - Marina Petrella - pétition&nbsp; - extradition - ASI - RILI - Revue internationale des livres et des idées - Total - Kouchner - Birmanie - droits de l'homme - manifestation - parcours - performativité - Lyotard - grande distribution - pouvoir d'achat - Carrefour - salaires - prix - CAC 40 - SMIC - revenus - temps partiel

« Je valide l’inscription de ce blog au service Paperblog sous le pseudo agitlog ».

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	<link>http://agitlog.zeblog.com/259307-accueil-agit-log-blog-politique-et-militant/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Tue, 15 Apr 2008 19:16:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Soutien aux travailleurs sans papiers en grève!</title>
	<description><![CDATA[&nbsp;
PLUS DE 200 TRAVAILLEURS SANS PAPIERS SE METTENT EN GRÈVE POUR LEUR RÉGULARISATION&nbsp;ET&nbsp;EXIGENT CELLE DE TOUTES ET TOUS LES SANS-PAPIERS
&nbsp;

Le 13 février 2008, les cuisiniers "sans-papiers" du restaurant «&nbsp; La Grande Armée » se mettaient en grève pour exiger leur régularisation. Six jours après, en référence à&nbsp; la circulaire gouvernementale du 7 janvier 2008, sept, d'entre eux étaient régularisés. 
Deux mois plus tard, le 15 avril 2008, plus de 200 travailleurs sans-papiers entament une nouvelle grève sur leurs lieux de travail, en ayant en tête la régularisation des dizaines de milliers d'autres "sans-papiers" vivant et travaillant en France.
Depuis des décennies, les travailleurs "sans-papiers" occupent les emplois dans les 150 métiers dits «&nbsp;en tension » (restauration, BTP, nettoyage, jardinage, aide à la personne¦),&nbsp; en comptant avec eux, le gouvernement reconnaît qu'il y a officiellement un manque de main-d'oeuvre. 
Dans le même temps, ce même gouvernement veut les empêcher de travailler en leur interdisant les emplois inclus dans la liste des 150 métiers¦. 
La grande majorité d'entre eux a des feuilles de paye, déclare ses impôts et verse aux caisses d'assurance maladie, retraite, ASSEDIC, des cotisations, sans pouvoir prétendre en retour en avoir le bénéfice.
Travaillant ici aux conditions des pays ou la main d'oeuvre est sous-payée, ce sont les délocalisés des branches non-délocalisables. Pour que les groupes dégagent de plus en plus de profits, ils sous-traitent en cascade. Du coup, pour que les troisièmes, voire septièmes sous-traitants récupèrent un bout de profit, on trouve en bout de chaîne des travailleurs sans droits et des travailleurs sans papiers.
Il faut arrêter l'hypocrisie et mettre un terme à cet esclavage moderne qu'imposent les patrons à ces travailleurs. 
Le gouvernement et le patronat doivent prendre leurs responsabilités.
Les travailleurs "sans papiers" doivent être régularisés !
Travailler dur pour nourrir sa famille, y compris quand elle est restée au pays, n'est pas un délit. Expulser le travailleur "sans papier" et priver ainsi sa famille des quelques dizaines d'euros qu'il lui adresse chaque mois en est un, au moment ou les révoltes de la faim gagnent les pays du sud,.
Les "sans papiers" ne peuvent continuer à être, au quotidien, les victimes des rafles et des discriminations, à être entassés par milliers dans les indignes centres de rétention, et subir la violence et l'humiliation des expulsions. 
Les travailleurs "sans papiers" de ces restaurants, de ces entreprises de nettoyage, du bâtiments¦ ont décidé à leur tour de dire stop! D'exiger leur régularisation.
Dans cette lutte, pour l'égalité des droits, ils ont besoin de la solidarité et du soutien des citoyens et des salariés de ce pays. 
N'hésitez pas à venir les rencontrer et les soutenir sur leurs lieux de grève:
A Paris:
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La chaine de restaurant «&nbsp;Chez Papa »&nbsp;: grève et occupation - 206 rue Lafayette 75010 Paris&nbsp; métro Louis Blanc
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; «&nbsp;Pizza Marzano&nbsp;Â» SARL Mountain Pizza Company&nbsp;: grève et occupation - 30 boulevard des Italiens 75009 Paris&nbsp; métro Opéra
&nbsp;&nbsp;&nbsp; «&nbsp;Fabio Lucci »&nbsp;: piquet de grève depuis le 27 mars&nbsp; avenue Jean Jaurés&nbsp; 75019 Paris “ métro Porte de Pantin 
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Entreprises de construction “ désamiantage démolition “ TDBM (Blanc Mesnil) â€“ ARCADEM (Les Pavillons sous Bois) â€“ DEMERET (Rueil Malmaison)&nbsp; COGEDIM&nbsp;: grève et occupation au“ 6/8 rue Xantrailles “ 75013 Paris&nbsp; métro Olympiades
&nbsp;
Nous exigeons la régularisation de tous les "sans papiers"
&nbsp;
Paris, le 15 avril 2008
Contacts&nbsp;CGT&nbsp;:&nbsp;&nbsp; CHAUVEAU Raymond&nbsp; 06.60.64.15.76]]></description>
	<link>http://agitlog.zeblog.com/312767-soutien-aux-travailleurs-sans-papiers-en-greve/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Tue, 15 Apr 2008 19:07:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Ensemble, sauvons Mumia Abu-Jamal !</title>
	<description><![CDATA[La Cour d’Appel Fédérale de 3ème circuit (Philadelphie – Pennsylvanie - USA) vient de rendre son jugement : le procès de 1982 à l’issue duquel Mumia Abu-Jamal a été condamné à mort était entaché de racisme. La Cour reconnaît ainsi que les droits constitutionnels de l’accusé n’ont pas été respectés. De ce fait, elle annule sa condamnation à mort mais confirme sa culpabilité.
Les juges, par deux voix contre une, se prononcent pour un autre procès avec constitution d’un jury qui devra à nouveau statuer sur la sentence. Contrairement à ce qu’annonce de nombreuses dépêches de presse, Mumia Abu-Jamal n’est toutefois pas définitivement à l’abri d’une nouvelle condamnation à mort, ni d’un enfermement à vie.
Et dans l’attente, il ne quittera pas le couloir de la mort ! 
L’avocat de Mumia Abu-Jamal, Maître Robert R. Bryan, nous a déclaré que cette décision était une demi-victoire qu’il fallait, par la mobilisation internationale, transformer en victoire en rendant justice et liberté à son client. 
Dans cette situation, le Collectif Unitaire National (80 organisations françaises) appellent à l’organisation de manifestations de soutien dans toute la France, et ce sous toutes les formes. Il appelle également à l’envoi immédiat de messages à l’Ambassade des Etats-Unis :
2 avenue Gabriel - 75008 Paris / e-mail : webmaster@amb-usa.fr


&nbsp;
Pour l’Ile de France, un grand rassemblement aura lieu à Paris à 18 heures


le MERCREDI 2 AVRIL face au Consulat des Etats-Unis


place de La Concorde – angle Jardin des Tuileries / rue de Rivoli.
&nbsp;
Collectif Unitaire National de Soutien à Mumia Abu-Jamal
43, boulevard de Magenta 75010 Paris – TEL 01 53 38 99 99 FAX 01 40 40 90 98 – E MAIL abujamal@free.fr
www.mumiabujamal.net
Contacts : Jacky HORTAUT 06 86 46 99 80 &amp; Claude GUILLAUMAUD-PUJOL 06 81 77 54 34]]></description>
	<link>http://agitlog.zeblog.com/308068-ensemble-sauvons-mumia-abu-jamal/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Mon, 31 Mar 2008 14:53:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>&quot;Enrichissons-nous!&quot; : le nouveau mot d'ordre du patronat et de Sarkoléon</title>
	<description><![CDATA[
Les "caisses de l'Etat sont vides" mais celles des patrons du CAC 40 ne cessent de se remplir. Ces derniers seraient ainsi, selon l'étude annuelle de Hay Group publiée mardi 12 février par La Tribune, les mieux payés d'Europe.  Cette étude affirme que 77 % des PDG des entreprises du CAC 40 ont vu leur rémunération médiane&nbsp;(salaire de base, bonus et stock-options) augmenter de 40 % en 2007. Elle s'élèverait ainsi à 6,175 millions d'euros. Le seul salaire de base de ces dirigeants d'entreprise a augmenté de 10%, à comparer à l'augmentation moyenne de 2% des salaires dans le secteur privé... Quant à la rémunération des patrons des plus petites entreprises du SBF 120, elle atteint 882 000 euros, selon les chiffres de Hay group qui a analysé les comptes de 135 sociétés (CAC 40, SBF 120, plus quinze entreprises telles que ASF, Colas, Latécoère, Sanef, Airbus et DCNS).  Tandis que les caisses des patrons et des actionnaires enflent à vue d'oeil, les salaires de la grande majorité des Français - le salaire médian s'établit en France à 1300 euros nets - n'ont connu aucune amélioration ; leurs salaires réels ont même tendance à se détériorer en raison de l'augmentation du coût de la vie. Face à l'accroissement des inégalités de revenus entre une poignée de patrons et d'actionnaires, soutenue par un gouvernement docile, et la grande majorité des Français, face à la spoliation d'une part croissante de la richesse produite par le capital au détriment du travail, la riposte des travailleurs commence à s'organiser.   La grève historique du 1er février dernier dans le secteur de la grande distribution pour exiger une revalorisation des salaires et un réaménagement des horaires de travail a ainsi permis de mettre en lumière l'exploitation dont sont victimes l'écrasante majorité des 600 000 salariés de ce secteur : au moment où Sarkozy appelle les Français à "travailler plus pour gagner plus", 37% des salariés de la grande distribution, soit 230 000 salariés, sont employés, pour des raisons de "souplesse horaire", à temps partiel sur la base du SMIC pour une durée de travail moyenne de 26,5 heures hebdomadaires. Plutôt que de "travailler plus pour gagner plus", ces salariés préféreraient déjà, pour commencer, travailler à temps plein, sur la base d'un salaire convenable, pour vivre mieux.   Les dispositifs d'exonérations de charges sur les heures supplémentaires (pour les salariés à temps plein) et complémentaires (pour les salariés à temps partiel), prévus par la loi du 21 août 2007 dite "en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat", dévoilent ici leur véritable objectif, sinon leur insondable absurdité. D'une part, ces salariés ne choisissent pas de faire des heures supplémentaires puisque les horaires de travail leur sont imposées et, d'autre part, s'ils sont utilisés, ces dispositifs ne feront que produire un magnifique "effet d'aubaine" pour les groupes de la grande distribution au détriment des contribuables et des assurés sociaux.        &nbsp;   <img style="display: none;" src="http://pubs.lemonde.fr/0/default/empty.gif" name="Image2" align="bottom" border="0" height="2" width="2">La situation des salariés employés à temps plein n'est guère plus enviable puisque pour la plupart d'entre eux leur salaire atteint à peine le SMIC. Ce dernier est en effet calculé dans de nombreuses enseignes de la Grande Distribution en intégrant le forfait pause de 5% prévu par la Convention Collective. Les salariés ne touchent ainsi que 95% du SMIC auxquels s'ajoutent 5% de forfait pause!  Ce mode de calcul du salaire est contraire aux dispositions de l’article D. 141-3 du Code du travail. Pour la vérification du respect de l’assiette minimale des cotisations de sécurité sociale, la rémunération à comparer au salaire minimum de croissance doit être calculée sur la base du nombre d’heures de travail effectif à l’exclusion des temps de pause. Cette disposition a été renforcée par la jurisprudence de la Cour de Cassation le 1er février 1989 :  «&nbsp;Qu’en statuant ainsi après avoir relevé que l’horaire de travail incluait des temps de pause alors que la rémunération à comparer au salaire minimum de croissance doit être calculée sur la base du nombre d’heures de travail effectif à l’exclusion du temps nécessaire à l’habillage et au casse-croûte, la cour d’appel a violé les textes susvisés (ensemble les articles L. 212-4 et D. 141-3 du Code du travail)&nbsp;» (Cass. Soc., 1er février 1989, N°&nbsp;de pourvoi&nbsp;: 86-15766) A Marseille, au Carrefour Grand Littoral, la lutte des salariés se poursuit depuis deux semaines malgré les tentatives de la direction de casser le mouvement de grève en assignant mercredi plusieurs salariés au tribunal de grande instance de Marseille pour "atteinte à la liberté de travailler". Les salariés n'exigent pourtant qu'une augmentation de 1,5 euros de leur ticket-restaurant journalier et un aménagement de leurs horaires de travail, certains salariés étant tenus de travailler à des heures tardives dans des conditions de stress imposées par l'exigence d'augmentation de la productivité (contrôle des pauses à la seconde près, flicage permanent, etc.).    La gourmandise des chefs d'entreprises et de leurs actionnaires ne connaît plus de limites et les dispositifs fiscaux mis en place par Sarkozy et son gouvernement n'ont pour objectif que de renforcer leurs intérêts et de modérer la rémunération des salariés faisant appel pour cela à de vieux tours de passe-passe idéologiques de la pensée néo-libérale sur l'augmentation de la compétitivité des entreprises ou les risques d'inflation "salaires-prix "dues à l'augmentation des salaires.  Face aux appétits du patronat et de ses valets au gouvernement, exigeons une augmentation des salaires! mots-clés
: blog politique et militant de gauche - politique - militant -
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Ségolène Royal - PS - UMP - grande distribution - pouvoir d'achat - Carrefour - salaires - prix - CAC 40 - SMIC - revenus - temps partiel 
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	<link>http://agitlog.zeblog.com/295160-enrichissons-nous-le-nouveau-mot-d-39-ordre-du-patronat-et-de-sarkoleon/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Sat, 01 Mar 2008 16:43:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Hommage aux victimes de Charonne du 8 février 1962</title>
	<description><![CDATA[
    Hommage aux victimes de Charonne : 8 février 1962LE 8 FEVRIER 1962, à l’appel de la CGT, de la CFTC, du Parti communiste et du PSU, une manifestation était organisée à Paris contre l’OAS. Interdite par le préfet de police, Maurice Papon, elle est violemment réprimée. Au métro Charonne, elle se termine dans un bain de sang&nbsp;: huit morts. Une neuvième victime décédera plus tard à l'hôpital. Pour rendre hommage aux victimes de Charonne, un rassemblement suivi d'un dépôt de gerbes est organisé ce vendredi 8 février à 11h place du 8-Février-1962&nbsp; (à l'intersection de la rue de Charonne et du boulevard Voltaire, métro Charonne)<img src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/agitlog/Photo_charonne.JPG">&nbsp;Cérémonie à 12h au cimetière du Père Lachaise, les victimes de la manifestation sont enterrées près du mur des fédérés, dans le secteur ou se trouvent les tombes des dirigeants du Parti communiste français.     
]]></description>
	<link>http://agitlog.zeblog.com/293450-hommage-aux-victimes-de-charonne-du-8-fevrier-1962/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Thu, 07 Feb 2008 16:08:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Message personnalisé du prochain président américain</title>
	<description><![CDATA[
           <img src="http://by121w.bay121.mail.live.com/mail/SafeRedirect.aspx?hm__tg=http://207.46.10.121/att/GetAttachment.aspx&amp;hm__qs=file%3d0ee0e79e-c3eb-4110-9cc1-5f6a67a42943%26ct%3daW1hZ2UvanBlZw_3d_3d%26name%3dQVRUMDAwMDE_3d%26inline%3d1%26rfc%3d0%26empty%3dFalse%26imgsrc%3dcid%253aROM_top_slice.jpg&amp;oneredir=1&amp;ip=10.1.106.219&amp;d=d260&amp;mf=0" border="0" height="78" width="545">     Agit-lecteur, Mitt Romney, tu ne le croiras peut-être pas, mais le prochain Président des États-Unis, a un message personnalisé à t'annoncer. Oui, Mitt Romney veut te parler... personnellement. &nbsp;Pour un exemple d'agit-prop républicaine automatisée, clique ici.  Amuse-toi bien!  Ronald      Contact Us &nbsp; &nbsp; Privacy  Policy   Paid for by Romney for President, Inc. All content © 2007 Romney for President, Inc.   Your use of this website  constitutes your agreement to be bound by its terms and conditions, and you agree to use it only for the purposes contained therein and for no other purposes  whatsoever.         
]]></description>
	<link>http://agitlog.zeblog.com/292941-message-personnalise-du-prochain-president-americain/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Tue, 05 Feb 2008 19:03:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Rapport Attali : le nouvel oracle reçu par Sarkoléon le petit</title>
	<description><![CDATA[La Commission Attali, modestement baptisée "Commission pour la libération de la croissance", vient de remettre en grande pompe à Sarkoléon le petit son rapport censé, à travers ses 318 propositions, redresser l'économie française. Dans la litanie de rapports publiés depuis l'élection de Sarko Ier, trop content de déposséder le Parlement des quelques prérogatives que le pouvoir monarchique de la Ve République lui avait magnanimement concédés, celui de Jacques Attali, ancien conseiller de Mitterrand et inspirateur des nationalisations massives en 1981, est présenté de loin comme le plus audacieux, le plus révolutionnaire, celui par lequel notre new Badinguet entend imposer sa rupture. Quoi de tel en effet pour cela qu'un rapport paré des meilleures intentions du monde, présenté par ses concepteurs comme la réponse indispensable, évidente et "non-partisane" aux problèmes économiques rencontrés par la France depuis trente ans? 

&lt;!--[if !vml]--&gt;<IMG style="WIDTH: 441px; HEIGHT: 316px" src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/agitlog/sigedessin__20080122_px_470__w_ouestfrance_.jpg">&lt;!--[endif]--&gt;

Notre comité d'experts perché sur ses pythiques certitudes a beau jeu de se présenter comme une formation indépendante, la plupart de ses membres figurent parmi le gotha du capitalisme français ; on y trouve ainsi le très libéral Claude Bébéar, ancien fondateur et président de l'assureur AXA, également président-fondateur de l'Institut Montaigne, Peter Brabeck-Letmathe, PDG de Nestlé, René Carron, PDG du Crédit Agricole S.A., Xavier Fontanet, PDG de Essilor, Éric Labaya, Directeur général de McKinsey France, Anne Lauvergeon, présidente d'Areva, Luc-François Salavador, PDG de la SSII Sogeti, Serge Weinberg, président du fonds d'investissement Weinberg Capital Partners et Président du Conseil d'administration du groupe Accor, Pierre Nanterme, président d'Accenture France, Philippe Tillous-Borde, Directeur général du groupe Sofiproteol, Pehr G. Gyllenhammar, entrepreneur suédois et ancien président de Volvo, Stéphane Boujnah, Managing Director à la Deutsche Bank, Michel de Virville, ancien ingénieur de recherche au CNRS, actuel secrétaire général et DRH du groupe Renault, ... 

Bref, vous l'aurez compris, une pléiade de révolutionnaires enragés, assistés dans leur salutaire mission d'une poignée de scientifiques et d'économistes connus pour leurs positions progressistes : Yves de Kerdrel, éditorialiste au Figaro, Jean-Philippe Cotis, Directeur Général de l'INSEE et ancien directeur de l'OCDE, Christian de Boissieu, économiste et président du Conseil d'analyse économique (CAE), Jean-Pierre Landau, Second sous-gouverneur de la Banque de France et ancien conseiller technique pour la réforme administrative et le commerce extérieur, etc. Leur point commun : considérer l'économie, à la manière des néoclassiques, comme une science pure, rationnelle, dépliant un ensemble physique où les comportements des agents sont aussi compréhensibles et prévisibles que ceux du chien de Pavlov. Dans cet univers idéel, où tout n'est que luxe, calme et ordre naturel, la croissance ne s'obtient qu'à travers une allocation optimale des facteurs de production sur des marchés libérés de ce que ces messieurs nomment élégamment les "rigidités structurelles", comprenez de la pesante tutelle de l'Etat - pourtant si utile lors des crises financières -, de ses encombrantes réglementations et autres dispositifs créateurs de "distorsions"" sur les différents marchés (SMIC, Sécurité sociale, ...) 

Enfin, on compte parmi les membres de cette Commission, dont il est décidément si difficile de remettre en cause l'impartialité, quelques hommes politiques et anciens dirigeants dont les citoyens français et européens continuent d'apprécier les fulgurantes réformes : Evelyne Gebhardt, parlementaire européen élue en Allemagne, rapporteuse de la proposition de directive sur les services dans le marché intérieur dite également "Bolkestein", Mario Monti, commissaire européen pour le marché intérieur et les services financiers de 1995 à 1999 , puis de 1999 à 2004 à la concurrence, Franco Bassanini, universitaire et homme politique italien, ancien ministre pour la réforme de l'État et ancien membre du Comité d'Evaluation des Stratégies ministérielles de réforme créé par Jean-Pierre Raffarin en 2003, ...



Le rapport de la Commission vise autour de huit ambitions à "libérer la croissance", en vue de fournir un point de PIB supplémentaire à l'économie française d'ici 2012, à ramener le chômage à 5% ou encore de réduire de moitié le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Pour remplir ces objectifs, le rapport psalmodie les chants les plus connus de l'évangile néolibéral. Tout y passe : travailler plus, réduire les dépenses publiques, doper la productivité des entreprises en réduisant les prélèvements obligatoires, casser la Sécurité sociale par le développement des fonds de pension et la généralisation du système des franchises médicales, etc. 

Sur la Sécurité sociale justement, l'inventivité des auteurs du rapport est aussi plate qu'un air de Strauss joué par André Rieu. La pilule qu'ils souhaitent nous faire avaler a en effet le même goût et la même odeur que les réformes de Douste-Blazy et de Xavier Bertrand en 2004 et 2007&nbsp;: "pour les dépenses de sécurité sociale, la stabilisation résultera de la conjonction de trois types de décisions annoncées plus haut : les règles de gouvernance (une seule loi de finances pour l’État, la maladie et la famille, la mise en place de crédits limitatifs pour la maladie) ; la mise sous condition de ressources des allocations familiales et une franchise proportionnée aux revenus, restant à la charge des assurés, pour les dépenses d’assurance maladie ; et les décisions impliquant un effort significatif de productivité du système de soins tant pour l’hôpital, la médecine de ville que le médicament." Pour colmater le mythique "trou" de la Sécu creusé par tous ces irresponsables et parasites que nous sommes, la solution la plus simple reste encore de nous culpabiliser et de nous punir en augmentant les franchises. Qui se souvient encore que le trou de la sécu découle pour l’essentiel des exonérations de charges accordées depuis quinze ans aux entreprises&nbsp;?

Il est clair que les désaccords feints entre le pouvoir présidentiel et la Commission sur quelques mesurettes (suppression des départements, abandon du principe de précaution notamment) ne constituent qu'un écran de fumée destiné à masquer leur connivence idéologique et politique et à nous démontrer l'impartialité et l'indépendance de cette Commission dont l'essentiel des 314 propositions reprennent à vrai dire les poncifs du programme présidentiel et des rapports d'inspiration libérale publiés ces dernières années (rapport Pébereau sur la dette publique, rapport Cahuc et Kramarz de 2004 sur la sécurité sociale professionnelle, etc.). Certaines formules et préconisations du rapport semblent quasiment avoir été élaborées dans les bureaux du service de presse de l'Elysée : "permettre à chacun de travailler aussi tôt et aussi longtemps qu’il le souhaite", "permettre à tous de travailler plus", ou encore "simplifier l’arbitrage entre revenu et loisir". 

Dans leur désir de plaire à leur maître et de ne pas le mettre dans l'embarras, les rapporteurs proposent, sans évoquer l'épineuse et trop partisane question des 35 heures, de "permettre aux entreprises de déroger à la durée légale du travail, à la condition expresse que cette disposition dérogatoire soit prévue par un accord de branche et fondée par un accord majoritaire dans l’entreprise" et d' "autoriser plus largement le travail le dimanche", reprenant ainsi quasiment mot pour mot les déclarations de Fillon quelques jours avant la publication du rapport.

"Contrairement à ce qui était jusqu’ici communément admis, poursuit le rapport, ce n’est pas seulement la croissance qui crée l’emploi, c’est aussi le travail qui crée la croissance. À productivité égale, la quantité et la qualité de travail produites par chaque Français en une année sont inférieures de 30 % environ à ce qu’elles sont outre-Atlantique. Dans ces conditions, tout ce qui permet d’augmenter, de façon négociée, la quantité de travail des Français, s’ils le choisissent, constitue un formidable levier pour la croissance." A force de présenter les Français comme une bande de fainéants, on en oublierait presque la France est l'un des pays de l'OCDE où la durée effective de travail par semaine - à ne pas confondre avec la durée légale correspondant au nombre d'heures au-delà duquel sont déclenchées les heures supplémentaires - est la plus élevée, devant les Etats-Unis et le Royaume-Uni&nbsp;:

&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Durée effective du travail par semaine dans différents pays de l'OCDE en 2005





Pays

Ensemble desemplois

Emplois àtemps plein

Emplois àtemps partiel

Taux detemps partiel

Année


France

36,3 h

39,0 h

23,2 h

17,2 %

2005


Allemagne

33,6 h







2005


Danemark

35,1 h





21,6 %

2005


Espagne

33,2 h

35,5 h

16,4 h

12,4 %

2005


Grande Bretagne

31,7 h

37,2 h

15,7 h

25,5 %

2005


Italie

36,2 h





12,7 %

2004


Pays-Bas

29,2 h

36,9 h

18,9 h

44,0 %

2005


Suède

36,1 h / 30,1 h





20,3 %

2004


Usa

33,8 h







2005

Sources : France : Insee (insee.fr) - Enquête emploi 2005 - IP1070&nbsp;; Allemagne: Statistisches Deutschland (destatis.de) Statistische Jahrbuch 2006 - Arbeitsmarkt 3.7 Wochenarbeitsstunden&nbsp;; Danemark : Statistics Denmark (dst.dk - statbank.dk) séries atr1 - aku10&nbsp;; Espagne : Instituto Estadistica (ines.es) - Population active, séries 1.4 - 3.79 - 3.80&nbsp;; Grande Bretagne : National statistics (statistics.gov.uk) Labour market, séries ybuy - ycbe - ybvb - ycbh&nbsp;; Italie : Istituto di statistica (istat.it) - Annuario statistico 2005 - Lavoro - Ore effettivamente lavorate&nbsp;; Pays-Bas : Centraal Bureau voor de Statistiek (cbs.nl) Statline : arbeidsduur&nbsp;; Suède : Statistiska centralbyran (Statistics Sweden) (scb.se) Statistical yearbook 2006, tableaux 329 et 337 - Women and men in Sweden 2004&nbsp;; Usa : Bureau of labor statistics (bls.gov/ces) table B-2 Average hours and earnings (empsit_ceseeb2) 

Dans sa quatrième ambition, la sublime Commission Attali appelle à la "construction d'une société de plein emploi", constatant que "depuis 1936, les Français vivent en moyenne 20 ans de plus et travaillent 15 ans de moins. Ces 35 années de loisirs supplémentaires ont un lourd coût en termes de croissance et ne correspondent pas nécessairement aux aspirations de chacun." Souvenez-vous! 1936, annus terribilis qui vît la France amorcer son déclin du fait d'une poignée de gauchistes irresponsables exigeant d'avoir des congés payés et de travailler quarante heures par semaine. Comment ne pas ressentir un sentiment de colère envers nos gouvernants inconséquents de l'époque incapables de résister aux pressions d'un troupeau de fainéants qui, dans leur désir acharné de paresse, démoralisèrent la France à l'aube d'un conflit avec l'Allemagne nazie? 

Plus sérieusement, pourquoi prendre 1936 comme année de référence sinon pour accréditer l'idée, si chère à Pétain et aux organisateurs du procès de Riom, que le déclin de la France remonte à 1936, date à laquelle le gouvernement issu du Front populaire, sous la pression d'un vaste mouvement de grèves et d'occupations d'usines, imposa au patronat une série de revendications du mouvement ouvrier ? L'histoire passe, mais la mémoire de classe de nos dirigeants semble résister à l'usure du temps et le souvenir encore vivace des inacceptables conquêtes de 1936 continuent d'inspirer la droite française. Revancharde, elle conserve ses arguments de choc pour remettre tous ces fainéants au boulot. François Fillon interpellait ainsi l'opposition socialiste lors du débat en 2003 à l'Assemblée nationale sur l'augmentation du contingent d'heures supplémentaires : « Vous avez défendu l’idée (...) que la gauche a toujours été à l’origine des conquêtes sociales quand la droite n’aurait fait que s’y opposer (...). C’est oublier la responsabilité du Front populaire dans l’effondrement de la nation française en 1940… »

Reprenons la formule utilisée dans le rapport et amusons-nous désormais à faire un rapide calcul. Nous vivons actuellement en France, hommes et femmes confondus, jusqu'à 78 ans en moyenne tandis que nous travaillons dans une vie près de trente-cinq ans. Or, si l'on lit le rapport, en 1936, les Français pouvaient espérer vivre jusqu'à 58 ans en moyenne au cours d'une vie où ils travaillaient près de cinquante ans. En suivant la logique du rapport, on peut estimer qu'à l'époque les Français commençaient à travailler à 13 ans et après une longue vie de labeur... mourraient avant même d'avoir pu espérer toucher une retraite ! Quoi de plus logique à une époque où les premières ébauches de systèmes de retraite ne garantissaient qu'un faible revenu à des travailleurs qui, de toute façon, ne pouvaient guère en profiter étant donné l'espérance de vie&nbsp;? Tout cela était fort commode pour le patronat jusqu'à ce que les travailleurs obtiennent par les luttes - ou, il faut bien le dire, par la crainte suscitée par la diffusion des idées socialistes dans le monde ouvrier -&nbsp; l'amélioration de leurs conditions de travail, les congés payés, la réduction du temps de travail - rendu nécessaire, même d'un point de vue économique, par l'augmentation de la productivité -, la mise en place d'un système d'assurance maladie, le droit à l'éducation pour tous et non pour les seuls enfants de la bourgeoisie ; autant de conquêtes qui ont permis l'amélioration des conditions de vie, l'élévation de l'espérance de vie ainsi qu'un meilleur accès à l'éducation pour les couches populaires.

Pour les membres de la sinistre Commission pour la libération des forces du capital, c'en est déjà trop et 1936, tel un noyau coincé dans leur gorge, continue de les faire tousser d'exaspération : ces "35 années de loisirs supplémentaires" ont eu un coût trop élevé pour leurs profits, pardon, "pour la croissance". Agacés de voir encore trop de gens résister à leurs bons oracles, ces messieurs savent pourtant, quand il s'agit d'adresser au peuple leurs sages recommandations, se reprendre ; ils mettent un peu de fond de teint pour cacher leur écarlate colère et prennent l'accent chaud et sévère du bon père de famille soucieux de faire le bonheur de ces enfants. Ainsi, ces "35 années de loisirs supplémentaires", nous assènent-ils, "ne correspondent pas nécessairement aux aspirations de chacun." Nos Sybille de l'Economie savent également lire dans nos pensées et, dans leur infinie bienveillance, souhaitent également répondre à nos ardentes aspirations : travailler 48 heures par semaine jusqu'à soixante-dix ans ! Merci papa Attali !

Non seulement, nous dit la Commission Attila, nous ne travaillons pas assez, mais notre travail coûte trop cher&nbsp;! Autre credo non moins libéral des apprentis magiciens de Papattali : réduire le coût du travail en France. Pour cela, les recettes proposées par la Commission empruntent les sentiers battus des néolibéraux et de leurs serviteurs du gouvernement avec le transfert d'une partie des cotisations sociales vers la CSG et la TVA, ce qui implique nécessairement une augmentation de cette dernière au détriment des ménages les plus défavorisés et déjà pénalisés par l'inflation. On connaît d'avance le résultat de ce type de proposition qui ne fait que plagier les politiques d'exonération de charges sur les bas salaires mises en oeuvre depuis 1993 : les entreprises à qui profiteront les allègements de charges se saisiront de cette manne fiscale, non pas pour créer des emplois, mais pour améliorer leurs marges de profit sans que les travailleurs en voient la couleur sur leur fiche de paie ! Au même moment, tandis que leurs salaires, au nom de la compétitivité, stagneront, leur pouvoir d'achat subira de plein fouet l'augmentation de la TVA et de la CSG dont les effets désastreux viendront se conjuguer à l'augmentation des prix due à l'envolée des matières premières et à la préservation des niches rentières auxquelles le gouvernement ainsi que le rapport se gardent bien de s'attaquer. 

Ainsi, en ce qui concerne le logement, auquel les Français consacrent en moyenne un quart de leurs revenus, si certaines propositions tombent sous le sens – «&nbsp;autoriser l’État à se réapproprier le foncier disponible dans les communes ne respectant pas les exigences de la construction de logements sociaux prévus par la loi SRU&nbsp;» en vue de construire deux millions de logements supplémentaires d’ici 2012 –, on voit mal comment les rapporteurs entendent les financer&nbsp;dans la mesure où ils appellent d’autre part à réduire drastiquement les dépenses publiques et la dette des administrations publiques devenue insoutenable… Pas étonnant qu’avec ce genre de raisonnement, «&nbsp;les caisses soient vides&nbsp;»&nbsp;!

"Compte tenu du niveau déjà élevé des prélèvements obligatoires (44,2 % en 2006), toute augmentation des impôts pour financer cette dette [la dette publique - ndlr] risquera donc d’avoir un effet dépressif sur l’activité, et de réduire la compétitivité des acteurs économiques au vu des taux pratiqués par nos voisins" affirme doctement le rapport. Vous suivez le raisonnement&nbsp;? Depuis vingt ans, au nom de la compétitivité et du fameux dicton «&nbsp;trop d’impôt tue l’impôt&nbsp;» (vous savez, la fameuse "courbe de Laffer"), on baisse le taux des prélèvements obligatoires – notamment de l’impôt sur le revenu et de l’IS – tout en accordant des exonérations de charges énormes aux entreprises (près de 23 milliards d’euros en 2006) sans que cela, d’ailleurs, ait un quelconque effet sur l’emploi. Dès lors, l’Etat, trop content de pouvoir servir les intérêts du capital, se contraint lui-même à recourir à l’emprunt. Les taux d’intérêt étant supérieurs au taux de croissance, les intérêts de la dette augmentent de façon exponentielle&nbsp;et engloutissent une part croissante des recettes fiscales. Au final, face à une dette devenue «&nbsp;insoutenable&nbsp;», tandis que le capital s’est engraissé grâce aux baisses d’impôts et aux intérêts de la dette contractée par l’Etat, celui-ci s’accuse lui-même d’être trop gourmand et procède à des coupes nettes dans son budget au détriment des services publics et des comptes sociaux. Les pompiers-pyromanes du gouvernement n’ont plus qu’à signer l’acte de décès de nombreux services publics et de la sécurité sociale et à organiser leur démantèlement et leur privatisation…

Le reste des propositions avancées par la Commission est un fatras de "belles idées" convenues qui, faute d'un financement adéquat, ne peuvent être autre chose que des voeux pieux : "redonner à la France tous les moyens (dont ceux de la recherche) pour prendre une place de premier rang dans les secteurs d'avenir : numérique, santé, écologie, tourisme, solaire, pile à combustible, biotechnologie, nanotechnologie, neurosciences", "mettre en chantier dix "Ecopolis", villes et quartiers d'au moins 50 000 habitants, intégrant technologies vertes et technologies de communication", "entreprendre dès maintenant la mise en place du très haut débit pour tous, à domicile, dans l'espace numérique de travail et dans l'administration", ou encore "mettre en place les infrastructures nécessaires (ports, aéroports et places financières) et accroître l'offre et la qualité du logement social".

Appeler à la construction de nouvelles villes d'au moins 50 000 habitants répondant aux nouvelles normes environnementales et à la relance des efforts d’investissement dans la recherche et l’innovation tout en réclamant une réduction drastique des dépenses publiques dont la part dans le PIB devra diminuer de 1 % à partir de 2009 - soit 20 milliards d'euros de réduction par rapport à la tendance - par an, pendant cinq ans ; voilà de quoi alimenter les annales pour les concours d'entrée à l'Ecole Nationale de la Magie et du cirque Grüss ! 

Bref, il s’agit là d’un rapport non seulement dangereux mais inutile que nous empresserons de jeter dans la poubelle verte destinée aux déchets non recyclables.

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	<link>http://agitlog.zeblog.com/291117-rapport-attali-le-nouvel-oracle-recu-par-sarkoleon-le-petit/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Wed, 30 Jan 2008 13:07:00 +0100</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Témoignages de l’intérieur des centres de rétention français (janvier 2008)</title>
	<description><![CDATA[
Informations envoyées sur la liste zpajol, principalement par l’adresse de contact fermeturetention@yahoo.fr Refus d’entrer dans les chambres, refus d’être compté, refus de manger, chambres brûlées, altercation avec la police. Ces actes quotidiens de révoltes se construisent dans un rapport à l’organisation du centre et à tous les moments de contrôles et d’humiliations qui lui sont liés. Ils n’ont aucune fin, aucune limite. Ils sont repris par chaque nouveau arrivant. Seul l’isolement et la répression parviendra à arrêter la révolte de Vincennes. Mais elle durera si nous continons de téléphoner et de visiter régulièrement les détenus et d’ informer sur ce qu’il se passe à l’intérieur. Elle durera si nous continuons de manifester devant le centre. Elle durera si les intitiatives se multiplient provenant de différents groupes, collectifs, individus (actions, affiches, stickers, etc). Elle durera si la révolte s’étend aux autres centres, aux autres villes, à la société toute entière. Elle durera et s’étendra si nous nous révoltons avec eux.  Nous continuons de téléphoner quotidiennement au centre de rétention de Vincennes. On nous a confirmé que la semaine dernière dans un pavillon, une vingtaine de personnes ont refusé de s’alimenter pendant au moins trois jours. Personne n’en a rien a su. Nous n’avons jamais réussi à prendre contact avec elles. Nous avons plusieurs fois appelé sur les cabines téléphoniques. Mais à chaque fois, nous sommes tombés sur les mêmes réponses&nbsp;: «&nbsp;Ici tout va bien. Tout le monde mange. La police est correcte avec nous.&nbsp;» Crainte de la police ou réponses dictées par elle&nbsp;? Nous n’en sauront rien. Ce qui est sûr, c’est que les autorités du centre voudraient que rien ne sorte. Elles organisent des visites guidées aux médias pour nous faire croire que rien ne se passe à l’intérieur. Les grévistes de la faim s’arrêteront devant le silence qui les entoure. Mais la lutte ne s’arrête pas pour autant. Les médias ne portent attention qu’à des événements bien identifiés comme au mois de décembre ou 150 personnes à Vincennes et au Mesnil-Amelot se sont déclarés en grève de la faim. Mais la résistance est quotidienne dans les centres de rétention. Résister c’est se réunir pour discuter quand les flics et leurs caméras en permanence vous surveillent. C’est protester quand la bouffe est périmée. C’est porter plainte quand la police tabasse. C’est gueuler ensemble pour obtenir qu’une personne malade puisse voir un médecin. Et cette résistance a lieu tous les jours de l’année. Vendredi 11 janvier 2008 Vincennes Les détenus commencent par nous raconter, le passage des journalistes d’Envoyé spécial dans le centre de rétention de Vincennes. Les détenus voulaient leur dire la manière dont ils ont été arrêtés, les conditions dans lesquelles ils sont détenus et dénoncer la politique du chiffre dont ils sont victimes. Mais les «&nbsp;envoyés spéciaux&nbsp;» de TF1 ne semblaient pas s’intéresser à ce qu’ils disaient. Ils auraient dit aux détenus qu’ils ne sont pas là pour cela. Le commandant leur a fait visiter le centre, ils ont pris des images et sont partis. Ils continuent de se réunir. Ils dénoncent la manière dont la police leur attribue arbitrairement une nationalité, comment les détenus sub-sahariens sans passeport sont présentés aux ambassades de Guinée, du Mali ou du Sénégal qui délivrent des laissez-passer sans preuve de leur nationalité.Ils dénoncent les arrestations abusives devant les ambassades. Quand nous leur avons posé la question des soins, les détenus nous ont répondu que les médecins donnaient toujours le même cachet d’aspirine qu’il s’agisse d’un mal de ventre ou d’une irritation. À l’intérieur du centre, les fouilles répétées continuent. Avant-hier, on leur a servi de la nourriture périmée depuis le 25 décembre 2007. Dimanche 13 janvier 2008 Vincennes Les détenus nous racontent que la veille, deux personnes ont été transférées au CRA de Vincennes. Toutes les deux victimes d’un malaise, les pompiers sont intervenus et les ont emmenés. Lorsque les détenus ont demandé des nouvelles d’eux, le commandant n’a pas voulu leur répondre. Un détenu témoigne de ce à quoi peut ressembler une journée au centre de rétention de Vincennes.   Tous les matins on nous fouille.  On descend au réfectoire vers 9 h. Il n’y a pas d’eau chaude pour le café. Lorsqu’on le signale, les policiers nous répondent qu’ils ne sont pas là pour ça, qu’ils sont juste là pour nous surveiller. Ils ne veulent pas s’occuper de ça. Ce midi, on nous a servi des haricots blancs périmés depuis le 5 janvier. Quand on l’a signalé, on nous a répondu qu’ils n’étaient pas là pour regarder les dates. Qu’ils ne voulaient rien savoir. On l’a signalé à la CIMADE qui elle a écrit  un texte pour en témoigner. Pendant la journée on peut circuler mais on doit rester dans les chambres. Quand on veut se reposer, les policiers veulent fouiller les chambres. La nuit, ils sont dans le couloir. Lorsque q’on doit se rendre aux toilettes, ils nous suivent et laissent la porte ouverte  Ils nous provoquent.  Ils nous dérangent la nuit en mettant l’alarme entre minuit 1 heures, pour qu’on ne dorme pas Malgré tout, on doit se réunir pour communiquer  Il ne faut pas qu’on lâche. Il faut que tout le monde soit d’accord pour relancer la lutte.  Dans nos discussions avec les détenus du centre de rétention de Vincennes, nous portons une attention particulière aux détails&nbsp;: deux par chambre, l’eau est froide, l’alarme sonne tous les soirs entre minuit et une heure, hier la nourriture était périmée, aujourd’hui, il n’y a pas de places dans le centre et deux personnes doivent dormir par terre, etc ... Notre volonté n’est pas de dénoncer les conditions de rétentions pour réclamer leurs améliorations. Il n’y a aucun aménagement possible de ces lieux sinon leur destruction. Les détails nous aident à comprendre la nature de ces lieux. Ils nous aident à comprendre que la volonté de l’administration va au-delà de la stricte application de la loi, que le système relatif aux étrangers a pour but de casser, d’humilier, de fragiliser moralement et physiquement des hommes et des femmes. Mardi 15 janvier 2008 Vincennes   Je suis fatigué  On n’a aucune communication à l’extérieur. Rien ne sort de ce qu’il se passe ici. Il n’y a pas d’eau chaude dans les douches. Le ballon d’eau n’est pas suffisant pour tout le monde.  Si tu ne te laves pas ça ne va pas. On ne peut pas laver nos affaires. Il n’y a pas de chauffage dans certaines chambres. Mais le commandant s’en fout. On est 250 personnes dans le centre. On est écœuré. Les gens qui ne sont pas rentrés dans le centre ne savent pas ce qu’il s’y passe  La police emmène les médias là où ils ont fait des travaux pour montrer aux Français à la télé, à la radio que tout va bien, que l’on est calme, tranquille et qu’ils s’occupent bien de nous. Mais c’est l’inverse Notre mouvement a été sans conséquences. On continue de discuter entre nous. On fait des réunions entre les deux pavillons&nbsp;: une personne se rend au grillage pour raconter aux autres ce qu’il se passe dans l’autre pavillon et vice-versa. Personne de la Cimade ne veut monter dans les chambres pour se rendre compte de la situation et de nos problèmes. Les recours qu’ils font ne changent rien. Parce que j’essaye d’organiser des choses, beaucoup de flics sont contre moi. Quand je parle avec les autres, ils interviennent et demandent de quoi je parle, qu’est ce que je trafique encore là.  Mercredi 16 janvier 2008 Vincennes   On a fait une réunion. On s’est parlé pour relancer le mouvement. Beaucoup de personnes n’ont pas le moral. Certains sont venus nous voir pour demander des avocats. Il ne faut pas baisser les bras. Il y a 40 personnes pour qui les ambassades n’ont pas donné de laissez-passer. Elles ne les ont pas reconnus. Ils doivent quand même rester 32 jours dans le centre. On proteste contre cela. Si on n’a pas de réponse vendredi, on reprend le mouvement. Hier, ils ont ramené deux gars. Il n’y avait plus de place, plus chambre, plus de matelas. Ils ont dû dormir par terre dans le couloir Le centre est plein, mais ils continuent à ramener des gens  Ils envoient les nouveaux en disant&nbsp;: «&nbsp;Va voir tes collègues&nbsp;! ils te trouveront une place&nbsp;!&nbsp;» Si on proteste ils disent&nbsp;: «&nbsp;On verra demain&nbsp;»    Je n’ai pas dormi. Je suis souffrant. J’ai été voir le médecin. Il m’a donné un médicament pour dormir. Quand un flic cherche un gars, il l’appelle par le haut-parleur au lieu de se déplacer. Tous les matins, le haut-parleur nous réveille. Ce matin, j’ai été réveillé à cinq heure.  Jeudi 17 janvier 2008 Vincennes À minuit nous recevons un coup de téléphone d’une personne avec qui nous sommes en communication depuis le début des événements au centre de rétention de Vincennes.   La police est venue me voir pour me dire que demain matin à sept heure, ils m’emmenaient devant le juge. Quel juge&nbsp;?  Je suis là depuis 28 jours et je n’ai aucun juge à aller voir. Ils veulent m’expulser sans rien me dire. J’en suis sûr. Ils n’ont même pas mis mon nom sur le tableau des départs.  Vendredi 18 janvier 2008 À six heures, elle nous rappelle.   Je suis à Roissy. Ils sont venus me chercher à cinq heure ce matin. Ils m’ont menti sur la destination et sur l’heure.  Elle refusera d’embarquer. Elle sera placée en garde-à-vue. Elle passera en comparution immédiate le lendemain. Son avocat soulèvera une nullité. Son procès sera renvoyé. Elle sera finalement libérée sous contrôle judiciaire en attendant son prochain jugement. Elle risque 3 mois ferme et 3 ans d’interdiction de territoire. Samedi 19 janvier Vincennes Pendant la manifestation les détenus sont sortis dehors. Ils  ont accroché des draps aux barbelés. Le soir même, la police est entrée  dans les chambres pour fouiller et retourner les matelas. mardi 22 janvier <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Grève de la faim au Centre de Rétention de Palaiseau Depuis ce matin 22 janvier 2008, 20 sans-papiers  (sur les 30 présents)retenus au CRA de Palaiseau  sont en grève de la faim pour obtenir leur libération. <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Vincennes  Pendant la grande manifestation de samedi, la police filmait ceux qui étaient sur la grille. J’ai sorti un drap que nous avons accroché à la grille. Les CRS sont rentrés à l’intérieur du centre. Ils ont fouillés les chambres, ensuite ils nous ont obligés à rentrer à l’intérieur. Il y a un Tunisien qui refuse de manger. Le médecin lui a dit qu’il ne le soignerait tant qu’il refuse de manger. On ne dort pas. On est constamment réveillé par le haut-parleur. Ils appellent pour le comptage, les visites, les expulsions, quand on passe devant le juge. Cela ne s’arrête jamais. Il n’y a pas d’accès directe à la Cimade. Il faut passer deux portes contrôlées par la police.  mercredi 23 janvier <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Nantes Des personnes en grève de la faim au centre de rétention de Nantes Leur sort dépend aussi de notre solidarité&nbsp;! Rassemblement mercredi 23 janvier à 17h30 devant le centre de rétention (Commissariat central place Waldeck Rousseau à Nantes) <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Vincennes  Hier soir, à minuit, on a refusé d’être comptés et de rentrer dans les chambres. On a essayé de dormir dehors. Tout le monde criait L-I-B-E-R-T-É. On a essayé de parler avec le chef de la police, mais il a appelé les CRS. La police disait&nbsp;: «&nbsp;Dégagez&nbsp;! on ne veut pas de vous ici&nbsp;!&nbsp;» Un policier m’a dit&nbsp;: «&nbsp;Je suis chez moi ici&nbsp;!&nbsp;» Ils nous ont dit&nbsp;: «&nbsp;Si vous ne rentrez pas, on vous fait rentrer de force&nbsp;» Ils nous ont obligés à rentrer dans les chambres en nous poussant avec les casques. On discute ensemble. Mais c’est difficile. Ils nous contrôlent tout le temps avec les caméras. Ils nous contrôlent la nuit et le jour. Il faut faire des manifestations à l’extérieure. Cela nous fait du bien. On sort. On crie. Si on manifeste une, deux, trois fois par semaine, ils vont comprendre. Ce soir, des gars ont mis le feu à leur chambre en brûlant des papiers. Les pompiers sont intervenus pour éteindre le feu. La police n’a pris personne. Ils veulent peut-être brûler le centre.  Jeudi 24 janvier  Aujourd’hui, nous avons refusé de manger. Nous avons jeté la nourriture par terre dans le réfectoire. La police filme ceux qui se révoltent. Ils les séparent et les mettent dans l’autre bâtiment. Aujourd’hui, ils ont pris deux personnes. Parmis eux, il y a un tunisien qui n’a pas mangé depuis plus de dix jours. Il a perdu 9 kg Aujourd’hui ils ont expulsé un algérien, demain ils expulseront des chinois. Le soir, ils inscrivent sur un tableau le nom, la destination, l’horaire de départ et l’aéroport des gens qui vont être expulsé le lendemain. Il arrive que des gens soient expulsés sans que leur nom ne soient inscrits sur le tableau. C’est souvent le cas pour ceux qui foutent le bordel. Le matin, la gendarmerie vient les chercher et les emmène à l’aéroport. Hier soir, ils ont fermés les cabines téléphoniques à minuit juste après l’agitation. Ils ne les ont ouvertes que ce matin.  Nous parvenons à joindre la personne en grève de la faim qui a été transférée dans la journée.   Hier, 4 policiers m’ont sauté dessus. Ils m’ont déchiré ma veste. Ils m’ont dit que je ne saurais pas soigné tant que je ne mangerai pas. Ils m’ont changé de bâtiment. Ça fait 18 jours que je ne mange pas. J’ai perdu 10 kg. Je ne mange parce que la nourriture n’est pas hallal. De toute façon, je ne veux pas m’alimenter. Je ne bois que de l’eau et du café. Aujourd’hui, encore le médecin a refusé de me donner des médicaments si je ne mangeais pas. Je veux sortir du centre. Je veux être libre. La Cimade a refusé de faire mon recours. Ils ont dit que les 24 h étaient passées alors que c’est faux.  vendredi 25 janvier Vincennes <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;18h30 Un détenu nous informe qu’ils ont brûlé une chambre, que les pompiers sont intervenus et que la majorité des détenus ont refusé de manger. <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;21h Un détenu nous raconte que Brard (député-maire de Montreuil) est venu dans le centre de rétention. Il a promis aux détenus de leur apporter des stylos et du papier pour décrire leurs situations. «&nbsp;Il nous a dit qu’il fallait respecter les policiers. Il nous a dit qu’ils n’étaient pas responsables et que les décisions venaient de plus haut. Les gens lui ont répondu qu’ils ne cherchaient pas améliorer leurs conditions de détention, ils veulent la liberté.&nbsp;» Samedi 26 janvier Vincennes <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Midi  Un premier feu a pris dans les toilettes. Ensuite, deux chambres ont brûlé.&nbsp;» «&nbsp;On a refusé de manger. On a empêché l’accès au réfectoire en bloquant les portes. La police nous a demandé de laisser passer ceux qui voulaient manger. Ils ont fini par nous dégager. Mais seulement une minorité est allé manger.  <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Pendant le rassemblement (15h)  La police nous empêche l’accès à la passerelle depuis laquelle nous pouvons vous voir. Mais nous pouvons vous entendre.  <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;18h  Une soixantaine de CRS sont entrés dans le centre. Ils ont fouillé toutes les chambres. Ils nous ont fouillé. Ils ont trouvé un briquet. Ils ont transféré deux personnes dans l’autre bâtiment.  dimanche 27 janvier Vincennes 15h  Aujourd’hui, dans le bâtiment deux, le feu a pris dans une chambre de quatre personnes. Les pompiers sont entrés pour éteindre le feu. Ils nous ont enfermé dans le réfectoire. 20 policiers sont venues chercher 4 personnes violement. Ils sont en garde-à-vue pour avoir mis le feu au centre.  mardi 29 janvier <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Vincennes liste zpajol un retenu tunisien s’est ouvert les veines, il a été transporté à l’Hôtel Dieu  4 retenus sont en isolement&nbsp;: motif , ils parlent trop avec les "agitateurs " de l’extérieur&nbsp;!  Celui  qui est en isolement, s’était mis en colère car il attendait ma visite, lorsque les flics lui ont annoncé que ma visite était supprimée&nbsp;:   Il s’est mis en colère, direction "l’isolement" , son portable supprimé, effectivement j’ai attendu 4h dehors pour le visiter et sans pouvoir rentrer.  il a été menotté , il a reçu une forte claque en prime. Comme il y a des caméras, ce retenu a dit qu’il allait porter plainte. Le commandant (seul interlocuteur avec les medias et députés) est venu le voir, en lui disant que tout cela n’était pas grave," qu’il fallait qu’il comprenne etc etc  que lui "l’intello" devait  etre protégé des agitateurs et retenus en révolte. Il ne peut plus rentrer en contact avec les autres retenus., pas de distributeur de café. 4 retenus   passeraient  en comparution immediate, et seraient transférés en GAV.   Considérés comme meneurs, et mise à feu des chambres. <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Commissariat Waldeck à Nantes Un des grèvistes de la faim a été libéré vendredi 25/1&nbsp;;  un autre considéré comme  un des meneurs a été envoyé sur Rennes&nbsp;; un camarade turc, Mohammed Aslan  continue courageusement la grève de la faim entamée le 20 janvier. Plus que  jamais le soutien est nécessaire et contrairement à ce qui a été dit, les  détenus nous entendent. quand nous lançons des slogans au rythme des tôles  ondulées du chantier. Ce lundi soir 28/1, nous étions une vingtaine présents  seulement&nbsp;; n’hésitez pas à nous rejoindre, de Nantes bien sûr mais aussi de  St Nazaire ou d’Angers comme nous&nbsp;! TouTEs à partir de 17h30, TOUS LES SOIRS,                  devant le CRA au commissariat Waldeck-Rousseau <img class="spip_puce" src="http://pajol.eu.org/puce.gif" alt="-">&nbsp;&nbsp;Rennes Au  CRA de St Jacques de la Lande une grève de la faim a débuté&nbsp;; nos amis  sans papiers ripostent avec les seules armes dont ils disposent.  
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	<link>http://agitlog.zeblog.com/290918-temoignages-de-l-interieur-des-centres-de-retention-francais-janvier-2008/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 16:35:00 +0100</pubDate> 
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	<title>Solidarité avec notre camarade Jérôme Kerviel</title>
	<description><![CDATA[
         Depuis une semaine, un spectre hante le monde de la finance, celui de Jérôme Kerviel, ce jeune courtier de trente-et-un ans qui, à lui seul, a bien failli mettre à bas le capitalisme mondial. Parvenu à déjouer les systèmes de contrôle de la Société Générale, il s'est fait coincer au moment où il était presque parvenu à provoquer sur les marchés financiers un mouvement de panique tel que l'existence même du capitalisme s'en est trouvée menacée.<img style="width: 300px; height: 201px;" src="http://www.zeblog.com/blog/uploads/a/agitlog/kerviel.jpg">Depuis sa mise en garde à vue à la Brigade financière de Paris, notre camarade Jérôme Kerviel a été voué aux gémonies de la presse et de l'opinion, décrit comme un un escroc génial mais désintéressé. Mais qui connait vraiment Jérôme Kerviel?C'est à Pont-l'Abbé, petite commune du pays bigoudin, où légendes et mythes celtes continuent de meubler les soirées, que Jérôme Kerviel a grandi auprès de son père, forgeron et militant anarchiste, et de sa mère, coiffeuse et passionnée de mots croisés. Précoce, il laisse auprès de ses voisins le souvenir d'un enfant intelligent mais agité se livrant à de menus larcins chez les petits commerçants de son quartier. D'après l'ancienne épicière du village, interrogée depuis quelques jours par les journalistes, le petit Jérome, surnommé également le "petit anar bigoudin", aurait à l'époque dévalisé un stock si important de confiseries qu'il aurait provoqué la faillitte d'une des dernières épiceries de cette petite ville durement frappée par le chômage et le déclin de la pêche. Son frère, d'après des sources locales qui restent à corroborer, vivrait depuis plusieurs années au Népal, où il aurait animé dans le nord du pays un des foyers les plus importants de la rébellion maoïste.Animé d'un sentiment profond de révolte, ce petit-fils de militant communiste ne se lasse pas des histoires que lui raconte son père au sujet d'un de ses ancêtres communard, déporté en Algérie. A dix-huit ans, alors que Chirac vient d'être élu président de la République, Jérôme décide de s'envoler pour le Mexique où il rejoint le sous-commandant Marcos à la tête depuis un an d'une insurrection zapatiste dans les régions reculées du Chiapas. Entre deux opérations contre les forces réactionnaires de l'Etat mexicain, il lit beaucoup; Marx, Engels, Lénine, Gramsci deviennent ses compagnons de route. Revenu en France, il milite radicalement pour un renversement immédiat du capitalisme. Sceptique quant à l'efficacité du marxisme-léninisme, il se persuade que le renversement du capitalisme ne peut venir que d'un événement brutal et soudain, d'un "accouchement douloureux" qui exige néanmoins l'intervention d'un petit groupe de révolutionnaires déterminés. Il rompt alors avec les formes collectives d'organisation révolutionnaire pour s'orienter vers des actions individuelles de grande ampleur destinées à précipiter la chute du capitalisme. Fondateur en 1999 de l'Organisation Révolutionnaire de la Volonté des Peuples, il entreprend des études d'économie en vue de travailler dans la finance et décroche un DESS de sciences économiques à l’université de Quimper avant d'obtenir en 2000 un master en finances de marchés avec mention « assez bien ». Il entre ensuite comme courtier à la Société générale, deuxième banque française, avec la ferme intention d'en découdre avec le système capitaliste. Afin de ne pas éveiller les soupçons, il se présente aux élections municipales de 2001 en dernière position sur la liste UMP de sa ville natale et emménage dans un modeste appartement de Neuily-sur-Seine où il bénéficie d'un poste idéal d'observation des agissements de la bourgeoisie financière.Sans partager intégralement le mode d'action privilégiée par Jérôme Kerviel, Agit Log tient à afficher sa solidarité avec ce militant courageux et déterminé et invite ses lecteurs à lui transmettre leurs amitiés révolutionnaires ou tout simplement leur soutien. Pour le renversement du capitalisme, Kerviel que pourra !Dernière minute : d'après l'AFP, l'Organisation Révolutionnaire de la Volonté des Peuples vient de publier un communiqué dans lequel elle revendique l'attentat commis par l'un de ses membres contre le capitalisme mondial.             
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	<link>http://agitlog.zeblog.com/290884-solidarite-avec-notre-camarade-jerome-kerviel/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Tue, 29 Jan 2008 13:51:00 +0100</pubDate> 
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	<title>Le mythe du « trou de la Sécu » de Julien Duval - Notes de lecture</title>
	<description><![CDATA[

Julien Duval - Le mythe du trou de la Sécu - compte-rendu
La protection sociale est aujourd'hui essentiellement considérée comme une question technique&nbsp;: il faudrait absolument résorber le «&nbsp;déficit&nbsp;» imputé à des dépenses excessives, le «&nbsp;trou&nbsp;» relevant en fait d’une insuffisance des ressources. On oublie que les dépenses sociales en France contribuent à réduire la pauvreté et à rendre la répartition des revenus un peu moins inégalitaire. Elles opèrent des transferts autant financiers que symboliques entre les groupes sociaux. Ce sont d’abord les classes populaires qui y ont intérêt et qui risquent d’être les premières victimes des réformes actuelles&nbsp;; les stéréotypes sur les catégories fortunées comme «&nbsp;victimes&nbsp;» accablées de prélèvements excessifs et des «&nbsp;abus&nbsp;» du système par les groupes économiquement plus fragiles sont dès lors presque indécents. L’offensive idéologique néolibérale a profondément transformé notre perception de la protection sociale. Dans ce livre, l’auteur décide donc de ne pas traiter la sécurité sociale de façon purement comptable, hors de tout contexte politique et social, mais de donner au contraire des clés pour comprendre le façonnement de cette vision biaisée du «&nbsp;trou de la Sécu&nbsp;».1. La vision dominante&nbsp;&nbsp; &nbsp;Les idées très répandues depuis une vingtaine d’années dans le débat sur la protection sociale sont des lieux communs qui, s’ils ne sont pas complètement illogiques ni déconnectés de faits avérés, n’en sont pas pour autant des propositions scientifiquement validées,&nbsp; mais des consensus parmi ceux qui font le «&nbsp;débat public&nbsp;»&nbsp;: pouvoir politique et ses experts, journalistes, instituts de sondage. Les hommes politiques cherchent moins à décrire rigoureusement la réalité qu’à justifier leurs actions, et les journalistes, travaillant dans l’urgence, préfèrent souvent reprendre ces idées admises sur des dossiers qu’ils connaissent souvent mal. Mais cette vision, soumise à l’examen, se révèle peu consistante. 
&nbsp;




Quelques données sur l'organisation de la protection sociale en France&nbsp;:En 2004, 500 milliard d’euros de prestations sociales (30% du PIB).-Assurances obligatoires (datent de 1945) distribuent 80% des prestations dans trois grands domaines&nbsp;: vieillesse (50%),&nbsp; maladie (40%) et famille (10%).-Différents régimes (l’unité prévue n’a jamais été réalisée)&nbsp;:Régime général&nbsp;: salariés du secteur privé dans l’industrie et le commerce&nbsp;: 58% des prestations distribuées par tous les régimes.Régime particuliers ou spéciaux&nbsp;: pour vieillesse et parfois maladie des fonctionnaires et des salariés d’entreprises publiques (comme la SNCF).Il y a également un régime pour le secteur agricole et un pour les professions indépendantes.Par rapport au régime général, l’âge de départ à la retraite, les taux de cotisation ou les modalités de calcul&nbsp; des prestations varient dans ces régimes.Fonctionnent tous selon un système d’assurances sociales obligatoires&nbsp;: les actifs y cotisent et ont droit en retour, de même que leurs ayant droit, aux prestations. Depuis 1950, La Sécu distribue aussi aux personnes qui n’ont pas ou peu cotisé&nbsp;: «&nbsp;minima sociaux&nbsp;» comme le «&nbsp;minimum vieillesse&nbsp;» de la partd e l’Etat. Les ressources&nbsp;: cotisations prélevées sur les salaires (65% des ressources du régime général en 2005) + financements publics. Ces derniers ont augmenté (cf. 1991 avec création de la CSG, Contribution Sociale Généralisée, 20% des ressources du régime général en 2005) + le reste&nbsp;(ressources fiscales et transferts divers, 15%).Deux autres intervenants aux côtés de la Sécurité sociale&nbsp;: régimes d’indemnisation du chômage (5,5% des prestations) et régimes facultatifs (exemple&nbsp;: mutualité dans la couverture maladie complémentaire) (4,5%).&nbsp;Enfin, aide et action sociales, sous condition de ressources&nbsp;: par exemple le RMI (441 euros par mois en 2007), sommes faibles par rapports aux sommes en jeu dans la Sécu. Le déficit de la Sécurité sociale&nbsp;:11,6 milliards pour l’année 2005 dans les trois branches (surtout maladie). 

&#9679; Le «&nbsp;fameux déficit de la sécurité sociale&nbsp;»
Le «&nbsp;déficit&nbsp;» est le thème le plus commenté, avec une tendance journalistique à associer la Sécu à son déficit. Il désigne en fait les besoins de financement&nbsp; du régime général. Le chiffre de 11,6 milliards d’euros paraît énorme, chronique et donc inquiétant, mais, rapporté aux sommes en jeu,&nbsp; il correspond à une faible part des recettes du régime général (4,3% au plus haut en 2005). L’expression «&nbsp;trou de la Sécu&nbsp;» est un obstacle verbal qui conduit à comparer les finances de la Sécu au budget d’un ménage (où on ne peut dépenser durablement plus qu’in ne gagne), comparaison abusive puisque la Sécu est privée de certaines recettes qui devraient lui revenir&nbsp;: cotisations de certains employeurs privés non versées ou mesures d’&nbsp;«&nbsp;exonération&nbsp;» ou d’&nbsp;«&nbsp;allègement&nbsp;» des charges sur les bas salaires prises à partir de 1993 (2,6 milliards ne sont ainsi pas compensés pour 2007). De plus, le déficit est moins structurel que conjoncturel, car très dépendant des variations à court terme de l’activité économique (ainsi la croissance hausse ainsi la masse salariale donc hausse les ressources de la Sécu). Il y a une part de structurel dans la fréquence et l’ampleur des déficit depuis les années 1990, mais aucune raison de l’attribuer à des «&nbsp;abus&nbsp;», des escroqueries aux assurances, à la «&nbsp;grande fraude sociale&nbsp;», ou à la surconsommation de médicaments, comme les médias le répètent. C’est plutôt que les dépenses croissent plus vite que les recettes, à cause de la médicalisation croissante de la société française depuis 1945 (qui a augmenté l’espérance de vie et est loin d’être une simple «&nbsp;bobologie&nbsp;»), du coût croissant des techniques médicales, et du poids croissant des pensions et des dépenses de santé liées à l’augmentation de l’espérance de vie.Parallèlement, la croissance des ressources est freinée par le chômage de masse (les ressources de la Sécu provenant surtout des salaires) et une croissance qui profite plus aux revenus du capital qu’à ceux du travail (la part des salaires dans le revenu national baisse). Il y a donc depuis les années 1970 un «&nbsp;besoin de financement&nbsp;» non anticipé par les gouvernements plutôt qu’un «&nbsp;trou&nbsp;». 
&#9679; Un consensus politique
La force de la vision de «&nbsp;trou de la Sécu&nbsp;» tient à un air du temps, un consensus politique non rationnel mais jamais remis en question, comme d’autres lieux communs très discutables et pourtant omniprésents («&nbsp;coût du travail&nbsp;» trop important à cause des cotisations, ce qui nuirait à la compétitivité, et entraînerait des délocalisations, etc.). Pourtant, le niveau des cotisation en France n’est pas du tout exceptionnel comparé aux autres pays, et, sauf Etats-Unis, les pays les plus compétitifs sont ceux où salaires et protection sociale sont importants (en France, si la main d’œuvre est plus chère que dans d’autres nouveaux pays industrialisés, elle est aussi plus productive et plus qualifiée&nbsp;; de même, les délocalisations ont une assez faible ampleur). La suspicion sur les déficits publics toujours jugés a priori excessifs (cf. les critères de Maastricht ou du Pacte de stabilité) conforte cette vision dominante du «&nbsp;trou&nbsp;». Cette vision dominante doit aussi son succès au consensus UMP/PS sur cette question, considérant tous deux la résorption du «&nbsp;trou&nbsp;» comme l’objectif prioritaire, et la condition sine qua non pour «&nbsp;sauver le système&nbsp;». Les sondages d’opinion font croire que ce consensus existe aussi dans «&nbsp;l’opinion publique&nbsp;». Mais les sondages ne mesurent pas les aspirations profondes de la population car la logique du choix et de la formulation des questions leur fait valider la doxa politique. 
&#9679; La perspective de l’explosion
Le dossier des retraites&nbsp;subit aussi une lecture biaisée de faits peu discutables. Au milieu des années 1980, les études sur l’avenir des retraites reposent sur l’évolution prévisible de la démographie française&nbsp;; la part des pensions dans le PIB devra donc s’élever. Son système de retraites par répartition exposerait particulièrement la France aux méfaits de cette évolution&nbsp;: les pensions perçues par les retraités ne proviennent pas d’une épargne qu’ils auraient accumulée durant leur vie active, mais de la redistribution des cotisations payées par les actifs actuels. Sachant que le ratio actifs/retraités tend à se dégrader et que les dépenses de santé augmentent quand la population vieillit, l’ensemble des dépenses sociales devrait s’accroître (de 8 points du PIB d’ici 2040). Pourtant, le système de protection sociale a déjà absorbé des accroissements bien plus importants depuis sa création (20 points depuis 1945). De toute façon, ces évolutions ne sont que partiellement prévisibles (quid de la fécondité des générations futures, des apports de l’immigration, de la croissance, de la productivité&nbsp;?). L’argument de la fatalité du vieillissement de la population paraît apolitique, mais le placer au centre du débat sur les retraites est une opération proprement politique qui rend crédible la dramatisation sur le thème de l’effondrement des retraites et fait oublier la possibilité d’autres politiques (économiques, familiales, migratoires). 
&#9679; Les nécessaires réformes
La vision dominante n’est pas que descriptive mais est directement orientée vers l’action&nbsp;: les politiques menées depuis 20 ans. Quels sont leurs grands principes&nbsp;? Elles sont conformes à la vision du «&nbsp;trou&nbsp;»&nbsp;; Il faut ralentir l’augmentation des dépenses de la Sécu par&nbsp;: - des mesures de «&nbsp;maîtrise comptable&nbsp;» fixent a priori une limite aux dépenses d’assurance-maladie («&nbsp;budget global&nbsp;» fixé d’avance pour les hôpitaux, plafonnement de la «&nbsp;médecine de ville&nbsp;», etc.).- des mesures pour peser sur la demande de soins qui accroissent la part des dépenses à la charge de l’assuré (baisse de la prise en charge&nbsp;: augmentation du «&nbsp;ticket modérateur&nbsp;», forfait hospitalier&nbsp;; raréfaction des prises en charge à 100% détérioration des modalités de remboursement des médicaments&nbsp;: baisse voire suppression de la prise en charge, lien entre prise en charge et «&nbsp;service médical&nbsp;» du médicament, utilisation des «&nbsp;génériques&nbsp;»&nbsp;; durcissement des conditions de prise en charge&nbsp;: «&nbsp;parcours de soins&nbsp;»).Ces actions édictent les catégories avec lesquelles elles doivent être jugées&nbsp;: on ne peut que considérer les réformes comme positives si tout est lu en termes d’«&nbsp;abus&nbsp;» et d’«&nbsp;excès&nbsp;». Elles ont un effet réel de rationnement&nbsp;sur patients et praticiens, qui renoncent à certaines visites ou examens nécessaires, effet camouflé par la rhétorique («&nbsp;soigner mieux en dépensant moins&nbsp;») ou des dispositifs d’assistance (comme la CMU, Couverture Maladie Universelle, qui ne fait qu’en atténuer les méfaits les plus spectaculaires). Idem pour l’assurance vieillesse&nbsp;: il s’agit de réduire la «&nbsp;charge des retraites&nbsp;» en modifiant les conditions d’obtention de la «&nbsp;pension à taux plein&nbsp;» (hausse de la durée de cotisation obligatoire), ou en modifiant le calcul des pensions (période de salaires de référence plus longue donc montant baissé, coefficients changés, augmentation des pensions suivant celle de l’indice des prix plutôt que celle des salaires, prélèvements sociaux, etc.). Pour la santé ou les retraites, les appels se multiplient pour favoriser des systèmes complémentaires de protection sociale, rompant avec le principe de la Sécu de solidarité nationale et de couverture de la population entière. C’est le cas des retraites par capitalisation (où la pension est le fruit d’une épargne individuelle récupérée par l’individu au moment de sa retraite sous forme de capital ou de rente)&nbsp;: la réforme de 2003 introduit dans le système «&nbsp;une dose de capitalisation&nbsp;» agrémentée d’avantages fiscaux. 2. Du paupérisme au néolibéralismeEn apparence inédit, l’alarmisme sur la protection sociale, replacé dans une perspective historique, a toujours existé. Si la Sécu a été créée, c’est donc que ces raisonnements ont été mis en échec par des luttes qui ont mis d’autres problèmes au centre des préoccupations. C’est un rapport de force, et il a aujourd'hui changé, avec le retour en force du libéralisme impulsé par les Etats-Unis. 
&#9679; Le bon sens libéral
Les racines de la Sécu remontent au principe d’égalité juridique de la Révolution, mais il n’a pas profité à tous. La Révolution pose aussi des principes économiques libéraux (liberté d’entreprise, etc.) qui retardent l’apparition d’une législation sociale car le principe de «&nbsp;liberté individuelle&nbsp;» est systématiquement opposé aux réformes sociales créatrices d’obligations. Le raisonnement des économistes libéraux, défenseurs du laisser-faire, pour qui la protection sociale perturbe l’«&nbsp;ordre naturel&nbsp;» du marché, est donc présent très tôt, même s’il se raffine au cours des XIXème et XXème siècles (cf. les Poor Laws combattues par les économistes libéraux anglais car en donnant aux pauvres l’assurance d’un revenu elles les dissuaderaient de chercher un travail&nbsp;; sophisme appelé à une longue carrière). Le libéralisme cherche toujours une pureté apparente alors qu’il est lié aux intérêts économiques de court terme de la&nbsp; bourgeoisie de la révolution industrielle qui s’oppose aux assurances maladie, chômage ou vieillesse&nbsp;qui ne les concernent pas, augmentent les salaires, ou luttent contre un chômage qui favorise discipline et bas salaires. Quelles sont alors les raisons pour lesquelles l’idée de la Sécu réussit à s’imposer&nbsp;? D’abord un changement morphologique de la société française&nbsp;: le salariat explose et recrute chez les petits entrepreneurs indépendants qui jusque là se rangeaient au libéralisme&nbsp;; ce recrutement s’élève peu à peu et déborde les seules classes dominées de la société, incluant même les cadres dans les années 1930. 
&#9679; Un travail sur les représentations publiques
Autres raisons&nbsp;: les enquêtes sur la condition misérable des ouvriers pauvres, et notamment les «&nbsp;vieux pauvres&nbsp;», qui font apparaître les limites de la grille de lecture moralisatrice que la bourgeoisie industrielle a longtemps appliqué. De plus, violence et criminalité en ville ou maladies contagieuses finissent par concerner la bourgeoisie et contribuent aussi à changer sa vision. La vulnérabilité ouvrière mise ne évidence par les socialistes renverse l’optimisme ou le cynisme du laisser-faire libéral. Pour que l’intervention publique devienne légitime, il fallait que les difficultés ouvrières ne soient plus imputées à des comportements individuels ou à des penchants moraux, mais soient reconnues, autrement dit que surgisse une «&nbsp;conscience sociale&nbsp;».
&#9679; Le coût politique et économique du laisser-faire
Parallèlement, le socialisme et le mouvement ouvrier montent en puissance. Mais leurs revendications portent plus sur les salaires ou les conditions de travail&nbsp;; ils sont même hostiles aux caisses de retraites qui détourneraient du projet révolutionnaire. Celles-ci sont donc vite contrôlées par le patronat pour contrer les menaces révolutionnaires, comme le fait Bismarck dans les années 1880 pour affaiblir ses adversaires progressistes&nbsp;: «&nbsp;Messieurs les démocrates joueront vainement de la flûte lorsque le peuple s’apercevra que les princes se préoccupent de son bien-être&nbsp;». Ici, la prévoyance étatique, instrument de la «&nbsp;paix sociale&nbsp;» à laquelle les entrepreneurs capitalistes ont finalement aussi intérêt, se distingue moins qu’il n’y paraît de la traditionnelle charité en établissant elle aussi une relation d’obligation. Les questions militaires apportent une autre preuve du coût collectif de la mauvaise santé des recrues ouvrières, en terme de défense nationale cette fois. Au sein de l’entreprise paternaliste, les caisses de prévoyance fidélisent la main d’œuvre, dans la fonction publique elles l’attirent dans des métiers difficiles (mines, chemins de fer), et dans les grandes entreprises elles favorisent sa productivité. Enfin, des raisonnements économiques opposés à l’économie libérale expliquent le développement de la protection sociale&nbsp;: l’entre-deux-guerres se caractérise par le développement de l’interventionnisme public (New Deal, Front populaire), parallèlement à des théories économiques généralement associées à Keynes, dont la vision de l’économie est soucieuse de la «&nbsp;cohésion sociale&nbsp;» et du «&nbsp;plein emploi&nbsp;», en opposition au laisser-faire. Keynes justifie dépenses publiques et redistribution des revenus en faveur des plus pauvres, car leur forte «&nbsp;propension marginale à consommer&nbsp;»&nbsp; relance la demande et l’emploi. 
&#9679; La création de la sécurité sociale
Au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale, face à la menace communiste, les pays industrialisés mettent en œuvre des politiques «&nbsp;keynésiennes&nbsp;». La création de la Sécu en 1945 marque un commencement mais est aussi l’«&nbsp;aboutissement&nbsp;» d’un long processus (depuis 1919, les incitations de l’Organisation Internationale du Travail vont dans ce sens). La Sécu de 1945, en couvrant au sein d’un «&nbsp;régime général&nbsp;» «&nbsp;l’ensemble de la population&nbsp;», généralise donc avec plus d’ambition des principes partiellement instaurés avant. Il s’agit de maintenir le niveau de vie des familles confrontées à la vieillesse ou à la maladie, en visant particulièrement les ouvriers, dans le but de modifier la répartition du revenu. La Sécu s’inscrit par ailleurs dans une politique d’ensemble&nbsp;: prévention, lutte contre les accidents du travail et les maladies et politique générale de plein emploi. Elle rompt plus avec les principes libéraux que ne le font les systèmes «&nbsp;beveridgiens&nbsp;» anglais et nordiques qui, en distribuant des prestations minimales financées par l’impôt, ne remettent pas en cause la conception libérale du salaire comme contrepartie du travail fourni par chaque actif, là où la Sécu socialise un salaire conçu comme produit collectif objet d’une distribution politique dans l’ensemble de la population. Elle repose sur un principe d’obligation&nbsp;(tous doivent adhérer), et laisse une marge d’autonomie aux groupes dominés dans un contexte où socialistes et communistes sont puissants. Les milieux conservateurs mettent tout de même en échec l’unification prévue du système et obtiennent que les salaires ne soient plus soumis à cotisation au-delà d’un certain plafond. Les dépenses croissant naturellement très vite après-guerre suite à la médicalisation et à la maturité du système de retraites, les dénonciations des fraudes ou des besoins de financement ne se font pas attendre, et ressemblent beaucoup à celles d’aujourd'hui, alors même que la croissance des dépenses s’est beaucoup ralentie depuis plus de 25 ans.
&#9679; Le retour en force du libéralisme
Après la guerre, le keynésianisme domine dans les administrations économiques internationales, mais le libéralisme n’a jamais disparu ailleurs et se réorganise. En témoigne la Société du Mont-Pèlerin fondée en 1947 par Hayek, auteur de La Route de la Servitude (1944) en réaction à Keynes&nbsp;: l’aide aux plus démunis doit être minimale et ne peut résulter que de l’initiative privée. Cette thèse a alors peu d’influence (comme le montrent par exemple les programmes américains Medicaid et Medicare en 1965), mais le rapport de forces entre économistes évolue lentement. Ecole du public choice, «&nbsp;économie de l’offre&nbsp;», thèses de Friedman ou de Becker qui gagnent en «&nbsp;scientificité&nbsp;» apparente grâce à une mathématisation poussée&nbsp;: autant de courants qui deviennent dominants au début des années 1980, notamment dans le domaine académique, aux Etats-Unis sous Reagan, ou dans les organismes économiques internationaux. La protection sociale publique n’échappe pas à cette remise en cause du keynésianisme&nbsp;: elle ne serait bonne qu’à créer de l’inflation sans répercussion sur l’emploi ou la consommation. Aux Etats-Unis, des économistes analysent la Sécu en empruntant à l’économie de l’assurance privée des notions comme celle de «&nbsp;neutralité actuarielle&nbsp;»&nbsp;: les sommes versées à l’assuré doivent être égales à celle qu’il est susceptible de percevoir compte tenu de la probabilité du risque qu’il encourt. De nombreux travaux comparent avec cette notion les systèmes de retraite par capitalisation et par répartition, sans voir que le fait même d’introduire cette notion est étranger à l’esprit de «&nbsp;solidarité&nbsp;» ou de «&nbsp;redistribution&nbsp;» qui a présidé à l’établissement des retraites publiques, et selon lequel les prestations correspondent aux besoins de l’assuré et non pas aux cotisations qu’il a versées. La dénonciation libérale des «&nbsp;effets pervers&nbsp;» des systèmes publics (i.e. les conséquences négatives de politiques progressistes) est d’ailleurs l’argument réactionnaire habituel&nbsp;: être assuré contre le chômage inciterait à refuser des emplois peu rémunérés, et être assuré contre un risque médical induirait des comportements à risque (tabagisme, etc.). Ces théories libérales partielles et partiales formulées aux Etats-Unis s’exportent en France (où l’«&nbsp;économie médicale&nbsp;», keynésienne et soucieuse de santé publique, est remplacée par l’«&nbsp;économie de la santé&nbsp;»), et s’imposent comme lieux communs dans le débat public actuel.
&#9679; Le «&nbsp;fardeau&nbsp;» de la protection sociale
Dans les années 1980 et 1990, une vision inspirée de la distinction américaine entre dépenses sociales «&nbsp;actives&nbsp;» (qui encouragent à travailler investir ou épargner) et «&nbsp;passives&nbsp;» (aux «&nbsp;effets désincitatifs&nbsp;» inacceptables) et selon laquelle il faudrait «&nbsp;activer&nbsp;» les prestations, inspire une critique de la protection sociale comme handicap économique. Dans cette perspective, l’«&nbsp;économie&nbsp;» est érigée en exigence fondamentale, et la protection sociale n’est permise que si elle est bonne pour la croissance, l’emploi et la compétitivité. Mais cet objectif cache celui d’accumulation de fortunes par les fractions les plus riches de la société (cf. les inégalités de richesse aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, qui appliquent ces réformes dès les années 1980). Les organismes économiques internationaux nés dans la mouvance keynésienne se convertissent au libéralisme au début des années 1980 et diffusent ces politiques de réduction des déficits et des dépenses publiques. FMI, Banque mondiale, OMC, OCDE ont ainsi une vision convergente sur&nbsp;: - la protection sociale publique comme «&nbsp;fardeau&nbsp;» (cf. en 1994 le «&nbsp;modèle à trois piliers&nbsp;» de la Banque mondiale pour les retraites&nbsp;: impôt/capitalisation/épargne individuelle, ou l’Accord Général sur le Commerce des Services de l’OMC sur les assurances maladie privées). - l’«&nbsp;activation&nbsp;» des prestations (inciter le chômeur à «&nbsp;rebondir&nbsp;», décider au cas par cas des remboursements via un suivi médical individuel, ou adapter la retraite à l’espérance de vie de la catégorie professionnelle).- la réduction maximale du secteur public, d’où la préoccupation pour le «&nbsp;vieillissement de la population&nbsp;» qui contrarie cet objectif. Même si le systématiquement des «&nbsp;trois piliers&nbsp;» ne résout pas certains problèmes, il réduit la part des dépenses publiques, et c’est ici tout ce qui intéresse les réformateurs. Les pensions actuelles cherchent à maintenir le niveau de vie autour de 70% du salaire de vie active de l’assuré. Elles ne correspondent donc pas à un «&nbsp;minimum&nbsp;». Les «&nbsp;activer&nbsp;» reviendrait à les individualiser, leur attribution cessant d être automatique pour devenir sujette à l’arbitraire. L’idée générale est de réduire les pensions à des minima faibles (sous forme de «&nbsp;prestations universelles&nbsp;» (pension de base, premier des «&nbsp;trois piliers&nbsp;» ou «&nbsp;panier de soins&nbsp;» minimum) ou «&nbsp;prestations sélectives&nbsp;» réservées aux plus pauvres, et de développer la capitalisation pour nourrir le marché des capitaux (faire fructifier les cotisations avant de les récupérer plus tard au lieu de les reverser aux retraités actuels). Aux Etats-Unis, l’assurance-maladie est beaucoup plus confiée au marché que dans les autres pays industrialisés. Le faible régime de base y est la seule source de revenu pour 60% des retraités, et seulement 1/5ème du revenu des 20% des retraités les plus riches. La différence entre les systèmes de protection sociale américain et européen tient à une histoire différente (notamment par rapport au mouvement ouvrier, à la Deuxième Guerre Mondiale), et aux lobbies (pharmaceutiques ou de fonds de pensions) qui maintenant aussi en Europe font pression pour la capitalisation. 
&#9679; La conversion française au néolibéralisme
Les assureurs privés, estimant avoir été «&nbsp;spoliés&nbsp;» en 1945, reprennent place dans le secteur de la protection avec les assurances complémentaires (cf. la figure de Claude Bébéar, président d’Axa, dans les années 1990), cherchant à accroître leurs «&nbsp;parts de marché&nbsp;» auprès d’une clientèle solvable promettant de gros profits. Trois facteurs sont à considérer pour comprendre la forme des débats français sur la protection sociale&nbsp;: les positions des organisations internationales, les offensives patronales, et l’évolution du monde politique, notamment à gauche. Les problématiques patronales, aujourd'hui dominantes, officialisées, sont entendues des gouvernements à partir des années 1960, la problématisation comptable du patronat s’imposant dans les plus hautes sphères de l’Etat dans les années 1970 (Pompidou, VGE). En 1979, l’«&nbsp;éthique de la responsabilité&nbsp;» remplace celle de la «&nbsp;conviction&nbsp;» avec la création de la Commission des comptes de la Sécurité sociale dont les rapports semestriels très médiatisés sont des opérations de communication. Une pédagogie technocratique inspire donc la vision médiatique catastrophiste du «&nbsp;trou&nbsp;». Le «&nbsp;tournant de la rigueur&nbsp;» de la gauche en 1983 n’inverse pas la tendance&nbsp;: la gauche ne mène certes pas les réformes de 1995 ou 2003, mais elle ne se distingue pas vraiment de la droite sur ces questions (Strauss-Kahn milite pour les fonds de pension), même en créant le RMI (1988) et la CMU (2000). En effet, ces mesures améliorent la situation des plus exposés mais sont un «&nbsp;minimum&nbsp;» soumis à des condition de ressources et financé par l’impôt, et obéissent donc à une logique d’assistance, pallient les effets néfastes d’une politique libérale, et sortent du cadre de la Sécu (politiques de plein emploi, couverture de toute la population et rejet de l’assistance). Même inspiration libérale pour la CSG (1991) et la «&nbsp;prime pour l’emploi&nbsp;» (2001) de la «&nbsp;deuxième gauche&nbsp;» née dans les années 1970 autour du PSU et de la CFDT qui, contrairement au PCF, à la CGT ou à FO, prennent leurs distances par rapport au marxisme et entrent dans une logique du «&nbsp;compromis&nbsp;» et de la «&nbsp;responsabilité&nbsp;». La CFDT remplace FO à la tête d’organismes de la Sécu, soutient les réformes de 1995 et de 2003, et exerce une influence intellectuelle via la Fondation Saint-Simon, la revue Esprit&nbsp;et des figures comme Rosanvallon (La Crise de l’Etat-providence, 1981), revendiquant une sensibilité sociale mais portant des problématiques et des diagnostics libéraux. 3. Les œillères des réformateurs
&#9679; Déni ou légitimation des inégalités
Mettre la priorité sur les questions économiques engage deux présupposés. Tout d’abord, que la croissance est la condition nécessaire et suffisante à toute politique sociale, et est donc prioritaire. Ensuite, que la société française est sortie de la situation dramatique du&nbsp;lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale. Si ce deuxième point est vrai, les problèmes sociaux auxquels la protection sociale répond n’ont pas disparu pour autant, et penser que la Sécu pourrait être réduite sans dommage, c’est oublier la persistance des inégalités de patrimoine et d’épargne&nbsp;; or la protection sociale avait aussi un objectif de redistribution. Ces inégalités, qui empêchent un grand nombre de ménages de pouvoir faire face à une privation subite de revenus ou à une dépense de santé importante sans détériorer leur niveau de vie, ne sont pas seulement dues à l’âge, mais aussi et surtout à la catégorie sociale. Le patrimoine est encore plus concentré sue quelques catégories sociales que le revenu&nbsp;: une partie très réduite de la population dispose de beaucoup et une grande majorité de presque rien. Idem pour la constitution d’une épargne, qui reste un «&nbsp;bien de luxe&nbsp;» réservé à certaines catégories. Il subsiste donc en France non pas une minorité de «&nbsp;laissés pour compte&nbsp;», mais une grande majorité de la population pour laquelle la protection sociale n’est pas «&nbsp;un luxe&nbsp;». Cette donnée est presque absente des débats actuels alors qu’une perspective historique invite à le considérer comme fondamentale. Les inégalités de santé sont aussi très marquées&nbsp;: les écarts d’espérance de vie&nbsp; entre catégories ou la mortalité à un âge jeune le montrent. Les catégories aisées sont statistiquement «&nbsp;en meilleure santé&nbsp;» et ces inégalités d’espérance de vie résultent d’inégalités en matière de santé dues à des conditions de travail, à des habitudes de vie, et à un rapport au corps et à la médecine qui varient socialement&nbsp;: les milieux populaires sont à la fois en moins bonne santé et recourent moins au médecin. Mais ces différentes attitudes devant la médecine ne sont pas qu’une question d’habitudes de vie&nbsp;; elles sont aussi inscrites dans les structures du système médical français. Historiquement, l’assurance-maladie ouverte à l’«&nbsp;ensemble de la population&nbsp;» a aussi cherché à combattre une opposition très forte entre médecine bourgeoise (les médecins) et populaire (les officiers de santé). On débouche sur un compromis&nbsp;: l’accès à tous à un même système de soins, mais en conservant un secteur libéral important, là où d’autres pays ont fait des médecins des fonctionnaires. Il n’existe plus de séparation totale entre deux secteurs aux clientèles distinctes, mais la dualisation de la médecine «&nbsp;à deux vitesses&nbsp;» subsiste et s’accentue. Plusieurs indices montrent que la profession médicale évolue vers la droite libérale, et son recrutement social toujours plus homogène ne la prédispose pas à s’intéresser aux problèmes spécifiques des classes populaires. Pour certains libéraux, la Sécu opèrerait une «&nbsp;redistribution inversée&nbsp;» des plus pauvres vers les plus riches parce que les inégalités d’espérance de vie raccourcissent les retraites des plus pauvres (pourtant les riches entrent et sortent plus tard dans la vie active), et les pauvres coûtent moins chers car ils fréquentent moins le système de soins (pourtant les soins des plus riches, plus axés sur la prévention, se révèlent peut-être in fine plus économiques). Quoiqu’il en soit, en déduire qu’il faut limiter l’intervention publique à l’assistance envers les plus démunis revient à avaliser cyniquement les mécanismes sur lesquels repose la «&nbsp;redistribution inversée&nbsp;», et remplacer la tentative de réduction de ces inégalités par une résignation, voire un darwinisme avoué (selon Becker, si les riches sont en meilleure santé, c’est qu’ils sont plus incités à l’être puisque leur «&nbsp;capital santé&nbsp;» a un meilleur rendement que celui des pauvres&nbsp;!).
&#9679; L’accroissement des risques sociaux
&nbsp;&nbsp;&nbsp; L’évolution qui a marginalisé la question des inégalités tient au renoncement aux politiques de plein emploi qui s’imposent lorsque les classes dominantes se sont rendues compte des conséquences sociales néfastes d’un chômage massif et durable. Cette analyses montre que le chômage a pour les ménages concernés des effets économiques (surtout quand il est mal indemnisé), sociaux (dégradation des relations avec l’entourage), de santé, etc. D’où le problème posé par les politiques libérales qui replacent les politiques keynésiennes sans résorber un chômage de masse qui augmente en nombre et en durée. Les politiques libérales ont aussi renoncé à l’objectif du plein emploi, ou du moins leur plein emploi vainement promis compterait beaucoup de salariés extrêmement mal payés. Leur but est plutôt de «&nbsp;lutter contre le chômage&nbsp;», et ce par des «&nbsp;prestations actives&nbsp;»&nbsp;et la suppression des «&nbsp;freins à l’embauche&nbsp;». Les politiques néolibérales ont ainsi encouragé le développement d’emplois qui satisfont besoins et préférences des entreprises. Temporaires ou à temps partiels, aux revenus faibles, très incertains par rapport l’avenir, ces emplois font certes baisser les statistiques du chômage, mais sans être très différents du statut de chômeur. Les conventions statistiques retenues cachent le fait qu’à travers les emplois précaires et le rapport de force défavorable aux salariés qu’il installe sur le marché du travail, le chômage vulnérabilise une grande partie de la population. Chômage et précarisation touchent avant tout le bas de l’échelle sociale, et ont fait émerger de nouvelles catégories&nbsp;: «&nbsp;exclus&nbsp;», «&nbsp;travailleurs pauvres&nbsp;» (et «&nbsp;familles monoparentales&nbsp;», souvent précarisées). Des fractions toujours plus nombreuses de la population sont touchées par cette précarisation qui accroît tous les risques sociaux et va donner lieu à des fragilités médicales et psychologiques et à une recrudescence des vieillesses pauvres (avec des pensions médiocres correspondant à des parcours professionnels précaires et discontinus). La vision du «&nbsp;trou&nbsp;» ignore ces transformations du monde du travail, et ses mots d’ordre sont contradictoires avec l’accroissement des risques sociaux&nbsp;qui accompagne la précarisation&nbsp;: comment compter sur la prévoyance individuelle quand les capacités d’épargne sont inexistantes, sur un recul de l’âge du départ à la retraite quand les vieux sont parmi ceux qui ont le plus de mal à trouver des emplois, sur les exigences de «&nbsp;retour à l’emploi&nbsp;» associées à certaines prestations quand la situation sur le marché de l’emploi est aussi dégradée et que le RMI stigmatise auprès des employeurs&nbsp;? Si CGT, PCF, Attac ou LCR insistent sur le lien entre protection sociale et emploi, refusent l’argument des dépenses excessives, et avancent celui du chômage, des bas salaires et de la précarisation, c’est parce que ces trois éléments ont pour conséquence à la fois de réduire le volume des cotisations et d’augmenter les risques, donc les dépenses. Ils proposent d’autres solutions&nbsp;: actions efficaces contre le chômage et les bas salaires, prélèvements sur les revenus financiers ou les entreprises. Mais ces analyses à contre-courant&nbsp; ne remettent pourtant pas en cause l’idée que la question majeure est le&nbsp; «&nbsp;problème financier&nbsp;» de la Sécu. Elles se battent pour ne pas réduire la Sécu, mais rarement pour l’étendre. Or, dans un contexte où les salariés sont de plus en plus vulnérables, se battre pour simplement «&nbsp;conserver&nbsp;» les acquis est déjà un recul…&nbsp; 
&#9679; Les effets sociaux des réformes
&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les journalistes ne commentent jamais les effets des réformes en dehors de leur capacité à réduire ou non le déficit. Elles ont pourtant d’autres effets. Dans le cas de l’assurance-maladie, elles rendent plus difficile l’accès aux soins pour certaines catégories de la population. Plus les revenus perçus sont faibles, plus les effets de ces mesures, qui s’appliquent à tous (exceptés à la frange la plus pauvre), sont forts, c’est-à-dire qu’il est plus difficile de payer la part restant à la charge de l’assuré, et de souscrire une assurance complémentaire facultative. Face à une baisse de la part des soins pris en charge par la Sécu, les CSP les plus élevées préfèrent payer plus cher leurs soins, là où les SCP les moins élevées préfèrent renoncer aux soins. La baisse des prises en charge renforce la dualisation du système médical, et les «&nbsp;enveloppes budgétaires&nbsp;» des hôpitaux compliquent pour les classes populaires la négociation déjà difficile pour elles avec les praticiens pour se faire admettre rapidement dans un service. La privatisation de l’assurance-maladie pousse à leur comble ces logiques, et aggrave inévitablement les inégalités. Les sociétés à but lucratif ne fonctionnent évidemment pas selon les mêmes principes que la S&nbsp;écu&nbsp;; l’exemple américain montre que les compagnies privées, lorsqu’elles s’emparent de l’assurance-maladie, investissent beaucoup dans les techniques pour démasquer les «&nbsp;mauvais clients&nbsp;» qui dissimulent des problèmes de santé, avec pour conséquence des&nbsp; incursions dans la vie privée, et un surcoût important, d’où un système économiquement moins efficace (aux Etats-Unis, les dépenses de santé par habitant sont deux fois supérieures aux dépenses françaises, alors qu’un habitant y bénéficie «&nbsp;en moyenne&nbsp;» de moins de soins). Pour les retraites, les effets des réformes se voient surtout sur le long terme, et leur ampleur reste assez indéterminée. Toutefois, selon la Fondation Copernic, le rapport entre le niveau de vie des actifs et celui des retraités se dégraderait sensiblement, surtout pour les retraités sans autres ressources que celles, réduites, de la Sécu, et pour les générations qui auront été exposées au chômage et à la précarité (réapparition du phénomène des «&nbsp;vieux pauvres&nbsp;»). La capitalisation aurait les mêmes effets que la privatisation de l’assurance-maladie&nbsp;: mêmes exclusions du système (les femmes en particulier, à cause de leur carrière plus discontinue). De plus, lorsque, et ce malgré les précautions, les risques associés aux fonds de pension (ce sont des placements en actions en bourse) se réalisent, leurs conséquences sont graves pour les ménages à ressources faibles (cf. certains scandales américains). Dans les médias, la question de la réduction des pensions est traitée non comme une question politique à discuter mais comme un fait accompli, et la probable augmentation du nombre de retraités pauvres n’est jamais envisagée. Braquée sur le «&nbsp;problème&nbsp;» financier, la vision dominante est donc doublement aveugle&nbsp;: elle ne voit ni ce qui plaide aujourd'hui pour un renforcement de la protection sociale, ni les effets sociaux des réformes. Conclusion suivie de quelques remarquesLe nouvel esprit libéral qui prime aujourd'hui en France est bien éloigné de celui qui a donnée naissance à la Sécu&nbsp;: si les réformateurs de l’époque étaient soucieux de ne pas enrayer les mécanismes de l’économie de marché, ils considéraient comme centraux les objectifs de cohésion sociale et de solidarité nationale. Les garanties apportées aux salariés par la Sécu étaient une condition de la mobilisation économique au lendemain de la guerre. La Sécu doit aujourd'hui faire face à une situation de précarité qui augmente ses dépenses et à des politiques qui s’accommodent d’un fort taux de chômage et des pressions à la baisse sur les salaires bloquant les ressources de la protection sociale publique. Dès lors, les réformateurs ont beau jeu de stigmatiser le «&nbsp;déficit&nbsp;» et de conclure au dysfonctionnement de l’institution. Ce sont ces choix politiques qu’il faut remettre en question. L’auteur conclut sur l’incompatibilité, déterminante pour la gauche, entre la défense de la Sécurité sociale et ces orientations libérales qui priment en France depuis 20 ans.On ne peut bien sûr pas parler de tout dans un livre de 126 pages, et c’est déjà un exploit de traiter d’autant de choses aussi clairement et de contextualiser aussi globalement le problème de la Sécu en France et ailleurs. Deux petits points de détails cependant&nbsp;:Il est peut-être dommage, que ne figure pas la démonstration de l’inanité de l’idée libérale selon laquelle on pourrait simplement injecter «&nbsp;une dose de privatisation&nbsp;» à côté d’un système public dont le caractère obligatoire serait abandonné «&nbsp;en laissant le choix&nbsp;» aux salariés. Il le semble que quand on commence à faire ça c’est presque déjà trop tard puisque ça reviendrait grosso modo à ruiner la qualité du système public. En effet,&nbsp;les riches qui peuvent se le permettre et y ont même intérêt, lâcheraient le système public pour les assurances privées (d’ailleurs la bonne qualité d’un service public se voit à son utilisation par les riches, ce qui est encore le cas pour les hôpitaux publics français). Le système public ne pourrait offrir que des prestations très réduites puisqu’il n’aurait plus que les maigres ressources de la population la plus pauvre qui ne pourrait pas se payer une assurance privée.Deuxièmement, il aurait été bien de trouver un petit développement critique sur l’idée très à la mode de la «&nbsp;flexicurité&nbsp;» inspirée des pays nordiques, censée allier miraculeusement la flexibilité sur le marché du travail à une sécurité sociale consistante…&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp; Thibaut M.A lire absolument : Julien Duval, Le mythe du «&nbsp;trou de la Sécu&nbsp;», Raisons d’agir, Paris, 2007, 126 pages. Julien Duval est chargé de recherche CNRS au CAUSE (CREST – Laboratoire de sociologie quantitative).Julien Duval, Le Mythe du trou de la Sécu.&nbsp; 
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	<link>http://agitlog.zeblog.com/290596-le-mythe-du-trou-de-la-secu-de-julien-duval-notes-de-lecture/</link>
	<author>Les Agit Propalogandistes</author>
	<pubDate>Mon, 28 Jan 2008 13:32:00 +0100</pubDate> 
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