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"Conférence sociale" sur l'emploi et le pouvoir d'achat: les artifices de la politique antisociale du gouvernement


Les Agit Propalogandistes, le 29/10/2007 à 16:23 / dans : La France de Sarkozy


Alors que les inégalités salariales et de revenus explosent en France, le gouvernement réunit aujourd’hui une « conférence sociale » sur l’emploi et le pouvoir d’achat dont Sarkozy, entouré de ses nouveaux « experts » techniques ès résolution de problèmes sociaux et économiques, prétend faire une de ses « priorités nationales ». Face à la baisse du pouvoir d’achat et l’augmentation croissante des inégalités, la priorité du gouvernement semble être davantage tournée vers la poursuite des politiques de rigueur et de modération salariale menées en France depuis vingt ans. : la fameuse réforme de la Loi Galland ainsi que  la défiscalisation et l’exonération des heures supplémentaires constituent l’essentiel des artifices de sa politique « sociale ».

 

Explosion des inégalités

Au moment où Laurent Joffrin nous explique que l'augmentation du niveau de vie des Français justifie la conversion de la gauche au libéralisme autoritaire incarné par Ségolène Royal, l'Insee publie des chiffres sur le pouvoir d’achat, les salaires et les écarts de revenus en France qui ont le mérite de remettre les pendules à l’heure.

D’après les statisticiens de l'Insee, le pouvoir d'achat n’a progressé que de 1,7 % en 2005, 2,3 % en 2005 et 2,8 % en 2007. Sur une longue période, le pouvoir d'achat des ménages - c'est-à-dire l'ensemble de leurs revenus, net d'impôts et corrigé de la hausse des prix des produits consommés - a augmenté de moins en moins vite , évoluant à peu près au même rythme que le PIB : + 5,7 % par an entre 1959 et le premier choc pétrolier et beaucoup plus modérément depuis 1975 (+ 2,1 % par an). La situation s’est par ailleurs nettement aggravée depuis 2003. De 1998 à 2002, le pouvoir d'achat a en effet augmenté d'environ 3,4 % en moyenne par an, avant de chuter à 1,9 % par an entre 2003 et 2006.

Dans le même temps, l’augmentation du nombre de smicards, due en grande partie aux « effets d’aubaines » - liés aux politiques d’allègements de charges sur les bas salaires - et à la persistance d’un chômage de masse induisant des tensions baissières sur le marché du travail, a précarisé un nombre croissant de salariés. La part de smicards dans la population active est ainsi passée de 8,6 %, en 1991, à 15,1 % en 2006.

Ceci a eu pour principal effet de tirer un nombre croissant de salariés, se situant légèrement au-dessus du SMIC, vers le bas : 27 % des travailleurs à temps plein des secteurs privé et semi-public, cantonnés aux emplois bénéficiant à plein des allégements de charges, touchaient ainsi moins de 1,3 SMIC en 2006. Si l’on ajoute à cela les travailleurs « précaires » (intérimaires, CDD, temps partiels), on ne se retrouve pas loin du chiffre de 37,8 % de salariés touchant moins de 1,3 SMIC.

Les politiques de modération salariale et de rigueur mises en œuvre à la suite des deux chocs pétroliers au début des années 1980, puis les effets pervers produits par les 35 heures, telles qu’elles ont été mises en place par les lois Aubry, ont eu également pour conséquence la diminution, dans le revenu disponible brut des ménages, de la part des revenus d'activité – composés en grande partie des salaires – passée de 77 % à la fin des années 1970 à 70 % depuis le début des années 1990.

En outre, la part des dépenses contraintes (logement, primes d'assurances, impôts, remboursements de crédit, etc.) qui absorbent 75 % du revenu courant des ménages modestes – les plus exposées à la hausse de prix de première nécessité – est passée de 22 % à 45 % du budget de l’ensemble des ménages entre 1960 et 2006.

Dans le même temps, alors que les salariés font les frais des politiques de rigueur des gouvernements successifs, les revenus des ménages les plus riches battent des records liés à l'envolée des revenus des capitaux mobiliers et des plus-values boursières, mais aussi à celle des très hauts salaires. D’après Camille Landais, chercheur de l'Ecole d'économie de Paris, les revenus les plus élevés ont en effet connu une forte augmentation entre 1998 et 2005, contrairement aux revenus moyens et médians. Le revenu réel des 3 500 foyers les plus riches de France - sur un total de 35 millions de foyers fiscaux -, qui ont déclaré en 2005 un revenu moyen de 1,88 million d'euros, a progressé de 42,6 % au cours de ces huit années. Durant la même période, le revenu réel de 90 % des foyers fiscaux n’a progressé que de 4,6 %..

 

Des mesures inefficaces et injustes

Face à ces inégalités croissantes, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux à faire, suivant ainsi les premières recommandations du Comité Attali, que d’inscrire ses premières mesurettes dans la continuité des politiques déflationnistes et de modération salariale mises en place en France depuis le début des années 1980 dont les effets ont été désastreux : baisse des prélèvements obligatoires dans le cadre de la concurrence fiscale organisée par la Commission européenne (remise en cause de la progressivité de l'IRPP et "cadeaux fiscaux"), compression des coûts salariaux par le biais d’une détaxation et d’une défiscalisation (même si seulement un français sur deux paie l’IRPP) des heures supplémentaires pour des gains limités en termes de pouvoir d’achat et au détriment des comptes sociaux, réforme de la Loi Galland en vue d’une hypothétique baisse des prix, …

En somme, un ensemble de mesures destinées à contenir les salaires tout en accordant des avantages fiscaux aux plus riches au détriment du pouvoir d’achat, des salaires et de l’équilibre des comptes de la Sécurité sociale.

Enfin, Sarkozy, dont l’une des promesses électorales était de conditionner les allégements de charges patronales à une « politique salariale dynamique » (création d’emplois ?), semble mettre le plus grand soin à éluder désormais le sujet. Il est également à craindre que le gouvernement veuille supprimer l'indexation du SMIC sur les prix alors que le SMIC n’a pas été réévalué en juillet et que 71 sur 160 branches professionnelles de plus de 5.000 salariés continuent d’avoir des minima salariaux inférieurs au Smic.

 

Mais rassurez-vous, comme les membres du gouvernement sont de bons chrétiens, ils ont pensé aux « pauvres » à travers leur projet de Revenu de Solidarité Active (RSA). Ainsi, pendant qu’on casse la Sécu en accordant des exonérations de charges sur les bas salaires qui n'ont pour effet que d’inciter les employeurs à embaucher des travailleurs à un niveau de salaire toujours plus bas, on organise la charité publique pour les pauvres bougres qui, c’est bien connu, ne veulent pas travailler


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