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Nous ne lirons pas la lettre de Guy Môquet


Les Agit Propalogandistes, le 22/10/2007 à 11:40 / dans : La France de Sarkozy

 

Demain, dans les collèges et lycées, sera lue la dernière lettre de Guy Môquet, militant communiste fusillé par les Allemands après avoir été arrêté par la police française. La lecture de cette lettre, que Sarkozy a instrumentalisée à des fins chauvines et nationalistes lors de la campagne pour les élections présidentielles, constitue non seulement une violation de l'indépendance des enseignants du secondaire et une ingérence inacceptable du pouvoir politique dans l'enseignement de l'histoire, mais également une tentative malhonnête et hypocrite de la part d'un gouvernement de droite de s'approprier, sur un registre nationaliste, la mémoire d'un militant communiste.

Non! Guy Môquet n'est pas mort pour la France, ni pour le Pacte germano-soviétique - comme on l'a entendu dire de la bouche du directeur-adjoint du Figaro, quotidien collaborationniste sous l'Occupation -, mais parce qu'il était communiste et que son père, Prosper Môquet, était député du PCF. Bien qu'il ait été fusillé par les Allemands à Chateaubriant avec d'autres résistants communistes et cégétistes (Jean-Pierre Timbaud et Pierre Sémard notamment) – sur la recommandation du ministère de l'Intérieur et ancien membre du comité des Forges, Pierre Pucheu –, Guy Môquet a été arrêté par la police française de Vichy dont le nationalisme exclusif et essentialiste n'a rien à envier à celui de nos contemporains...

En vertu des décrets-lois pris par Daladier en 1939 (ainsi que du décret Sérol du 10 avril 1940 étendant la peine de mort à "tout Français qui aura participé sciement à une entreprise de démoralisation de l'armée ou de la nation") à la suite du Pacte germano-soviétique, le PCF avait en effet été interdit et ses dirigeants furent poursuivis dans les mois qui suivirent. Par conséquent, si la répression contre les communistes s'intensifia à partir de l'automne 1940, quelques semaines après le vote des pleins pouvoirs à Pétain, elle s'insérait néanmoins dans le cadre juridico-administratif mis en place aux dernières heures de la IIIe République. C'est dans ce contexte de répression anticommuniste que s'inscrit l'arrestation de Guy Môquet à la gare de l'Est en octobre 1940.

La lecture nationaliste de l'histoire élaborée à travers cette lettre par Sarkozy et son scribouillard Jean Guaino ne constitue pas seulement une grossière erreur historique, elle traduit également une volonté politique de réhabiliter le rôle peu glorieux joué par les milieux de droite sous l'Occupation en instrumentalisant sur un registre consensuel une figure historique dont les valeurs étaient radicalement opposées à celles de la droite.

Au moment où Sarkozy et son gouvernement pourchassent les sans-papiers et exigent des préfets la mise en oeuvre des moyens les plus coercitifs pour atteindre les quotas d'expulsés ; à l'heure où le gouvernement entend "remettre la France au travail" en s'appuyant pour cela sur un argumentaire digne du procès de Riom (souvenons-nous des propos tenus le 15 octobre 2002 à l'Assemblée Nationale par François Fillon, alors ministre du Travail : « Vous avez défendu l’idée (...) que la gauche a toujours été à l’origine des conquêtes sociales quand la droite n’aurait fait que s’y opposer (...). C’est oublier la responsabilité du Front populaire dans l’effondrement de la nation française en 1940.)), la lecture de cette lettre est indécente, voire totalement cynique.

Quant à nous, sur AGIT LOG, voici la lettre que nous lirons demain matin. Il s'agit d'un poème écrit par Guy Môquet :

« Parmi ceux qui sont en prison
Se trouvent nos 3 camarades
Berselli, Planquette et Simon
Qui vont passer des jours maussades

Vous êtes tous trois enfermés
Mais patience, prenez courage
Vous serez bientôt libérés
Par tous vos frères d’esclavage

Les traîtres de notre pays
Ces agents du capitalisme
Nous les chasserons hors d’ici
Pour instaurer le socialisme

Main dans la main Révolution
Pour que vainque le communisme
Pour vous sortir de la prison
Pour tuer le capitalisme

Ils se sont sacrifiés pour nous
Par leur action libératrice.»


Guy Krivopissko, La vie à en mourir, Lettres de fusillés 1941-1944, Paris, éditions Tallandier


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Commentaires / Gueulantes
Le 21/10/2007 - 22:20, par jpm -
libre guy moquet aurait sans aucun doute ete un resistant
mais c'est un fait qu'il fut fusillé en temps que communist
en victime du pouvoir de vichy livré aux allemands en
représaille de l'illimination d'un officier par la résistance
parisienne..sa victimisation au titre de résistant par le
pouvoir actuel demontre jusqu'ou la manipulation de cette
oligarchie de droite est capable d'aller...jpm
Le 21/10/2007 - 23:47, par Arnodu -
En ces temps où démagogie rime souvent avec sensiblerie, voici un article qui replace
les événements douloureux de notre histoire dans leur véritable contexte.
http://www.historia-nostra.com/index.php?option=com_content&task=view&id=582&Itemid=60
Le 24/10/2007 - 23:14, par ceca -
De Guy se Môquet’on ?

Monsieur le Président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Celle de Guy Môquet
A lire à mes élèves
Avant ce lundi soir
Monsieur le Président
Je ne veux pas la lire
Je ne suis pas en classe
Pour tromper de braves gosses
C'est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
Je m'en vais désobéir

Depuis que je professe
J'ai du serrer les fesses
J'ai vu partir mes rêves
Et pleurer des élèves
La grammaire a souffert
Elle est dedans sa tombe
Et se moque du monde
Et se moque des vers
Quand j'étais sur l’estrade
On m'a volé ma flamme
On m'a volé mon âme
Et tout mon abc
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez de vos cohortes
J'irai sur les chemins

Je roulerai tranquille
Sur les routes de France
Sans bottes ni cadence
Et je dirai aux profs:
Refusez de la lire
Refusez de l’élire
N'allez pas au collège
Refusez d’obéir
S'il faut donner son temps
Allez donner le vôtre
Vous êtes bonaparte
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos ministres
Que j’aurai que des larmes
Et qu'ils peuvent se tirer



Le 12/11/2007 - 8:30, par poupoune -
c'est très long et assez rébarbatif
pour de jeunes lycéens dont je fait partie je pense qu'il est non intéréssant de perdre une heure de cours importante au cours de notre cycle, à lire une simple lettre.

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