Les Agit Propalogandistes

Lisez AGIT-LOG !!! Agit-Prop Blog politique et militant ! Critique des mythologies contemporaines ! Ironie subversive ! Démystification des discours médiatiques inféodés !

Derniers Brûlots

Le nouvel objectif des pompiers-pyromanes du gouvernement: casser la Sécu


Les Agit Propalogandistes, le 09/10/2007 à 8:41 / dans : La France de Sarkozy

Le gouvernement Fillon vient de présenter son projet de Loi de finances de la Sécurité sociale pour 2008 (PLFSS) qui vise à ramener le déficit du régime général de 12,7 milliards d'euros, d'après les prévisions pour 2008, à 8,9 milliards d'euros. Trois ans après la réforme "Douste-Blazy" de l'assurance-maladie, annoncée à l'époque comme le recette-miracle pour revenir à l'équilibre d'ici 2008, les comptes des différentes branches de la Sécu accusent toujours un déficit de 11,7 milliards d'euros.


Echec de la réforme de 2004

Autant dire que les rustines de Douste-Blazy et Xavier Bertrand en 2004, destinées pour l'essentiel à contenir les dépenses par le biais de mesures contraires aux principes de solidarité et de mutualisation des risques, n'ont pas résisté longtemps. L'échec lamentable de la "réforme Douste-Blazy" est indéniable: les diverses mesures - instauration d'un forfait d'un euro par consultation, déremboursements, choix d'un médecin traitant, dossier médical personnel informatisé - n'ont pas permis en 2007 le retour à l'équilibre de l'assurance-maladie que l'on nous promet désormais pour 2010, voire 2012 si la croissance n'atteint pas 3 %... Cette réforme apparait désormais pour ce qu'elle était : une vaste entreprise de culpabilisation des assurés sociaux par le biais de mesures-sparadraps exclusivement tournées vers la maitrise des dépenses.

Mais n'allez pas vous imaginer, en dépit de ce lamentable échec, que le gouvernement, dont certains membres comme Xavier Bertrand appartenaient aux deux précédents gouvernements, envisage de changer de cap. Nos anesthésistes de choc du gouvernement préféreront vous répéter, comme il y a trois ans, que le déficit des comptes sociaux, et de l'assurance-maladie en particulier, tient à l'augmentation croissante des dépenses de santé et de vieillesse et que le financement de la Sécu se trouve compromis par le vieillissement de la population, les excès de certains médecins – aussi laxistes que les juges aux yeux de Sarkozy – et, bien entendu, par l’audace des fraudeurs et autres tire-au-flanc qui se font porter pâle grâce à des arrêts-maladie de complaisance. Dès lors, pourquoi changer de recettes même si elles sont injustes, inefficaces et qu’elles remettent en cause le principe de solidarité de la Sécurité sociale ? Déremboursements, franchises médicales, franchises sur chaque boîte de médicaments sont donc toujours au programme au détriment de la Sécu et des plus défavorisés.

A les entendre, on peut comprendre qu'une majorité des Français, désinformés par les médias, puissent en partie les croire tant les raisons avancées - vieillissement, amélioration des techniques médicales, etc. - semblent limpides. Il est indéniable que les Français non seulement vivent plus longtemps, mais souhaitent également avoir accès à des soins de meilleure qualité et que, par conséquent, il devient nécessaire d’envisager un élargissement de l’assiette de financement de la Sécurité sociale – notamment en taxant davantage le capital et, en particulier, les produits d’épargne financiers qui bénéficient depuis plusieurs années d’allègements fiscaux.

Avant d’en venir à là, il existe des solutions plus simples à mettre en œuvre pour permettre un rétablissement des finances de la Sécu. Le président de la Cour des Comptes, Philippe Séguin, dans son rapport sur la sécurité sociale, préconise ainsi la suppression des exonérations de cotisations sociales sur les stock-options et certaines indemnités de départ négocié à l’amiable, ce qui représenteraient pour la Sécu 7 milliards d’euros de recettes supplémentaires (voir notre billet Les exonérations de cotisations sociales des stock-options plombent la Sécu d'après la Cour des Comptes). Il serait également urgent d’évaluer l’efficacité en termes de création d’emplois des politiques d’exonération de charges depuis 1993, comme le proposait un autre rapport de la Cour des Comptes remis à la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale en juillet 2006.

«On ne se contentera pas de colmater les fuites, de rus­tiner, de courir d’année en année après un équilibre toujours reporté», a déclaré, sans doute au prix d'un terrible effort pour réprimer un éclat de rire, M. Woerth, le ministre du Budget et des Comptes publics. A moins d’avoir passé sa vie sur TF1 ou d’avoir été trépané à la naissance, on ne voit vraiment pas qui peut le croire : après avoir accordé, à travers son fameux « paquet fiscal », près de 10 milliards d’euros de cadeaux fiscaux – dont 6 milliards au titre de la défiscalisation et de la détaxation des heures supplémentaires et 2,2 milliards au titre de la quasi suppression des droits de succession – aux ménages les plus favorisés, et creusé ainsi un peu plus le déficit de l’Etat et des comptes de la Sécu, ce gouvernement menteur et irresponsable nous assure que les recettes fiscales de l’Etat affectées à la Sécu pour compenser les exonérations passeront de 21 milliards à 27 milliards d’euros… au détriment, cela va sans dire, des comptes de l’Etat.  

La logique perverse de nos pompiers-pyromanes du gouvernement est donc la suivante : on creuse, par le biais d’une politique inefficace et injuste de baisse des impôts et des charges, le déficit de la Sécu et de l’Etat pour pouvoir ensuite tirer prétexte de ces déséquilibres financiers pour justifier une réduction des dépenses publiques et des prestations sociales. On reconnait du reste sans mal dans ce traitement de choc le discours insidieux des libéraux sur la dette publique de la France. On empoisonne le patient pour pouvoir l'eutanasier au lieu de le guérir !


Objectif du gouvernement : casser la Sécu

C'est à se demander au final si l'objectif poursuivi par les gouvernements successifs n’est pas tant de réduire le déficit de la Sécu que de le plomber encore davantage pour nous préparer à sa remise en cause, puis à son remplacement par un système assurantiel individuel et privé. On pouvait ainsi entendre lundi soir, dans le journal du soir de France 3, l'économiste Elie Cohen affirmer que la véritable solution au problème du déficit consisterait à "sérier" les soins, c'est-à-dire à distinguer des paniers de soins, des plus graves au plus légers, l'idée étant de confier ces derniers (rhume, angine, bronchite, et plus si affinités) au système assurantiel et de laisser les soins les plus lourds et coûteux à l'assurance-maladie.

Commode, non? On permet d'un côté aux assurances d'engranger des profits sur les "paniers de soins" les moins coûteux et les plus rentables et, de l'autre côté, on socialise les pertes! Sarkozy a laissé entendre par ailleurs son intention, dans le cadre du « débat » autour de la création d’une cinquième branche de la Sécu consacrée à la dépendance des personnes âgées, de favoriser l’accès à une couverture assurantielle, individuelle et privée. Ou comment foutre en l’air la Sécu en la remplaçant par un système à l’américaine de type assurantiel

Pour faire avaler la pilule (non remboursée, bien sûr), les tacherons du gouvernement Sarkozy... pardon du gouvernement Fillon, usent habilement de la complicité atone des médias, trop contents après la rentrée et un été pluvieux de se mettre quelque chose sous la dent. Depuis la présentation lundi par Eric Woerth des ­grands axes du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008, les principaux quotidiens et chaînes de télévision font leurs choux gras du déficit de la Sécu avec force graphiques et moult épithètes censés frapper les esprits : "énorme", "inquiétant", colossal", "abyssal", nous disent les médias, comme si, tel un tonneau des Danaïdes, notre regard devait s'abîmer dans les noires profondeurs d'un "trou" devenu si grand qu'on ne se souvient plus qui l'a creusé.

Face à ces attaques du gouvernement contre la Sécu, mobilisons-nous dès demain !

Samedi 29 septembre

« 4 heures contre les franchises médicales » à 13h30 au gymnase Japy : 2, rue Japy, Paris 11ème, métro Voltaire (Léon Blum)

A moins de 2 mois du passage à l’Assemblée nationale de la loi de financement de la Sécurité sociale, le 29 septembre pourrait permettre de franchir une étape importante de la riposte pour faire bouger la loi de financement de la Sécurité sociale à venir. Les partis de gauche, plus de 40 organisations appellent au rassemblement pour l’accès aux soins pour tous.



Mots-clés: trou de la sécu - sécu - sécurité sociale - assurance maladie - déficit - franchises médicales - François Fillon - Eric Woerth - allègements de charges - allègements de cotisations - exonérations de cotisations sociales - Xavier Bertrand - Douste-Blazy - réformes - défiscalisation - détaxation - heures supplémentaires


Trackbacks
Pour faire un trackback sur ce billet : http://agitlog.zeblog.com/trackback.php?e_id=254964

Commentaires / Gueulantes
Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire / pousser une gueulante

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


 
AGIT-LOG - blog politique de gauche - CopyLEFT Agit-Log 2007-2010.

Optional graphic: 108 x 30, 485 bytes, transparent

sur AGIT-LOG sur le WEB