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Pétition contre l'extradition de Marina Petrella


Les Agit Propalogandistes, le 03/09/2007 à 10:34 / dans : Mobilisations

Signez la pétition contre l'extradition de Marina Petrella !


Il s'agit d'abord ici de s'opposer à une extradition qui va à l'encontre d'une parole donnée par la France (sous François Mitterrand) à des hommes et des femmes auxquels on promettait sécurité et protection s'ils renonçaient à la violence. Ce qu'ils ont fait. Cette parole est en train d'être bafouée sans aucun scrupule.

Il faut aussi d'empêcher que des individus purgent des peines qui leur ont été attribuées le plus souvent lors de procès par contumace, par une justice d'exception, influencée par les déclarations de repentis qui, en accablant leurs petits camarades en cavale, gagnèrent allègements de peines et parfois même remises totales de peine. Si Marina est extradée, elle n'aura pas droit à un nouveau procès et ira directement dans les geôles italiennes dites de "haute surveillance". Ce qui va, si je ne m'abuse, contre "le droit à un procès équitable" inscrit dans la Convention européenne des droits de l'homme" (CEDH).

Il ne s'agit donc pas ici de légitimer les actes commis par Cesare Battisti ou Marina Petrella (actes entérinés par la justice, et par la presse qui fait de leurs auteurs présumés des monstres, mais pas par les historiens !), ni de juger la situation italienne, mais de s'insurger en humanistes contre le dévoiement de notre justice et de se préoccuper du sort d'hommes et de femmes placés sous notre protection.

La pétition de soutien :
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51798#sp51798

Sur les extraditions :
http://bellaciao.org/fr/mot.php3?id_mot=69



Mots-clés : pétition - Marina Petrella - Cesare Battisti - Brigades rouges - extradition - François Mitterrand


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Commentaires / Gueulantes
Le 27/08/2007 - 15:18, par Dora -
merci à Agitlog de soutenir les réfugiés italiens, ils sont encore plus de cent vingt à Paris, à vivre dans la peur d’une arrestation sommaire, dont 12 vraiment sur un siège éjectable. Tout cela pour servir la politique victimaire de nos dirigeants, de part et d'autre des Alpes, et à cause des blocages de la mémoire italienne qui ne parvient pas à regarder son passé en face.
Longue vie à Agitlog!
Le 28/08/2007 - 0:19, par Rémy-Karim -
Il parait tout à fait evident de s'insurger contre une justice arbitraire et expéditive, mais il ne faut pas non plus oublier que derrière des dispositifs complaisants, la France abrite aussi des voyous de la pire espèce ,et il serait tout de même inconcevable de cotionner toute forme de barbarie à l'encontre de l'espèce humaine...et en ces termes, les brigades rouges n'ont rien d'enfants de coeur. Soyons prudents dans nos revendications militantes !
Le 28/08/2007 - 9:02, par Jihane -
Tu as tout à fait raison de dire que la France abrite des "voyous de la pire espèce" à commencer la l'ex-président de la République: Chirac...

"Les Brigades Rouges n'ont rien d'enfants de coeur". Certes. Plus sérieusement, je vois mal comment parler des Brigades Rouges, sans évoquer le contexte dans lequel elles se sont mises en place, c'est-à-dire la fameuse "stratégie de la tension" (reconnue en 2000 dans un rapport parlementaire). Voire notamment le rôle de la loge P2 à laquelle appartenait entre autre Berlusconi (il n'y a pas qu'en France décidemment que l'Etat protège des voyous de la pire espèce...)
Le 28/08/2007 - 9:26, par Nicolas -
Pas complètement en désaccord avec toi, Rémy-Karim. Il est vrai que dans un régime "démocratique" et "libéral" (au sens politique), il est très difficile de justifier la lutte armée quand bien même les injustices sociales n'ont pas cessé d'exister.
Toutefois, deux choses: contrairement à la violence fasciste à la même époque (dont on parle moins souvent), les opérations armées des différents groupes d'extrême gauche se distinguaient très nettement des attentats de masse aveugles et meurtriers organisés par des groupes d'extrême droite - le plus souvent liés aux services secrets italiens et à la CIA (attentat de Piazza Fontana en 69, celui de Bologne en 80) - en ce qu'elles ne consistaient pas en une terreur aveugle destinée à créer et à alimenter un climat de terreur "anti-rouge" dirigé contre la population pour justifier éventuellement la prise du pouvoir, mais étaient essentiellement dirigées contre des personnalités politiques ou représentants du pouvoir.
Par ailleurs, il ne faut pas oublier le contexte politique de l'époque et les conditions idéologiques et surtout historiques dans lesquelles il s'enracine. A la fin des années 1960, quand apparaissent les premières BR, l'ensemble des péninsules méditerranéennes (Portugal, Espagne, Grèce) sont sous le joug de dictatures particulièrement dures et répressives auxquelles les démocraties du "monde libre" apportent un soutien plus ou moins appuyé - pas toujours - dans le cadre de la Guerre froide et de la lutte anticommuniste. Nous sommes par ailleurs 20-30 ans après la Libération de l'Italie et la victoire sur le nazisme et le fascisme. Cela signifie que la plupart des anciens résistants sont pour la plupart porteurs d'une mémoire de la Résistance encore vive à cette époque et autour de laquelle se cristallisent les luttes politiques et idéologiques de l'époque. La période de contestation ouverte dans les années 1960 devient en outre l'occasion dans une grande partie de la gauche "non-PCI" de réévaluer le consensus national hérité de la Libération et assumé en partie par le Parti communiste en soumettant les institutions de la République italienne à un large examen critique, notamment sur la question de la continuité de l'Etat entre le fascisme et la république (maintien du personnel administratif et judiciaire), thème mis en lumière dès 1973 par l'ancien résistant et historien de gauche non-communiste, Claudio Pavone.
Au demeurant, le recours à la violence dans une "démocatie libérale" (au sens où les libertés et droits fondamentaux - même bourgeois - sont "correctement" garantis) est certes difficile à justifier. Toutefois, sans vouloir faire du E.Nolte à l'envers, il est vrai qu'à l'époque la menace fasciste en Europe méridionale et en Italie en particulier était réelle et que si l'analyse politique et sociale faite par les groupes d'extrême gauche s'est finalement révélée "erronée", nous devons néanmoins nous efforcer de comprendre les motivations des acteurs de l'époque et le contexte dans lequel elles s'inscrivent.
Le 28/08/2007 - 13:37, par Rémy-Karim -
Tout à fait au clair dans ces justificatifs historiques, que je n'avais pas oublié rassures toi...mais pour moi nous devons organiser le progrés social par la lutte des idées, et imposer des concepts de progrès par une reflexion mesurée et collégiale; sans cela nous retomberons chaque fois dans un système révolutionnaire passéiste qui ne peut plus fonctionner dans une europe moderne. L'analyse, la reflexion, et le débat sont des armes blanches au pouvoir infiniment plus efficace et démocratique, avec lesquelles nous pouvons réellement construire une europe des libertés. En tous les cas merci beaucoup pour ces échanges cordiaux et militants !

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