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Les violences de la police de Sarkozy : témoignages


Les Agit Propalogandistes, le 21/05/2007 à 7:05 / dans : La France de Sarkozy

Quelques témoignages des violences commises par les flics de Sarkozy, tirés du Monde du 14 mai 2007 :

Plus de témoignages et des comptes-rendus des comparutions immédiates sur le site Rebellyon.info (Lyon),Indymedia Nantes, témoignages et conseils sur Indymedia Paris.


Un exemple : Une video ici.


Farid, 19 ans, demandeur d'emploi à Lyon

"J'habite sur les pentes de la Croix-Rousse [un quartier dans le centre-ville de Lyon], j'ai entendu parler d'une manifestation, je suis donc descendu place des Terreaux, et là, c'était la guerre, il y avait des lacrymos partout, des policiers qui chargeaient. J'ai jeté quelques cannettes sur les flics pour crier ma colère. Les manifestants, quelques centaines, reculaient et se sont dispersés dans les rues par petits groupes. Moi aussi j'ai couru, et je me suis retrouvé au coin d'une rue, et je vois trois CRS qui foncent sur un jeune qui passe, les mains levées, avec des sacs en plastique remplis de ses courses. Ils se mettent à taper sur leur boucliers, lui mettent des coups de matraque, le jettent au sol, et lui tirent dessus à bout portant avec un flashball. Il s'est laissé interpeller – d'ailleurs il a été relaxé après sa garde à vue, ils n'avaient rien contre lui, il passait juste faire ses courses.


Voyant ça, j'ai fait demi-tour, et je fais face à plusieurs CRS, j'ai levé les mains, ils sont arrivés directement sur moi, m'ont mis à terre, mis des coups de matraque, sur les jambes, sur les épaules. Ils m'ont traité de tous les noms : 'sale bâtard', 'sale bicot', 'retourne dans ton bled toi et les Arabes de France'. Je me mets sur le ventre, leur demande d'arrêter de taper, en leur disant de m'interpeller tranquillement. Mais ils continuent. Alors je me relève et j'essaye de mettre un coup de tête sur le casque du policier. J'essaie de lui mettre un coup de pied, mais là ils me font une balayette, et un coup de matraque m'ouvre l'arcade. Je me retrouve au sol.

Je suis passé en comparution immédiate, avec douze autres prévenus, dont une mineure. J'ai reconnu les faits, c'est vrai j'ai mis un coup de tête, mais c'était pour me défendre. J'ai été inculpé pour 'rebellion, violences avec arme de substition sur agent de la force publique, et violences urbaines en réunion'. Tout ça pour deux trois canettes. Le procureur a demandé huit mois avec mandat de dépôt mais, comme je n'avais pas de casier judiciaire, j'ai pris quatre mois ferme sans mandat de dépôt. Alors que je n'ai pas de casier.

Moi, je ne suis pas trop dans la politique, mais quand je vois ça, je me dis que si c'était à refaire, je le referais. Pour vous dire, j'ai même pas voté, je ne suis pas inscrit sur les listes électorales. J'ai fait cette bêtise. On aurait dû se faire entendre. Plein de mes copains ne sont pas inscrits non plus. Maintenant, c'est trop tard."


Paola, 28 ans, en recherche d'emploi

"Lundi 7 mai, Malcom et moi descendons à Bastille, on a entendu parler d'un rassemblement anti-Sarkozy. Pour nous c'est normal de manifester, c'est comme contre Le Pen en 2002, il faut une résistance de la population. Il y a environ 200 personnes sur le rond point central qui bloquent la circulation. Une petite altercation a lieu avec un automobiliste qui veut foncer dans la foule. Les CRS chargent, tout le monde détale dans la rue de Charenton, certains hurlent 'pas par là, c'est un traquenard'. "Nous sommes à l'arrière du cortège, et en courant, Malcom brise des vitres de voitures, des rétroviseurs, je vois des gens mettre le feu à des poubelles et casser des vitrines.


Là j'entends 'sale noir tu vas voir, on va t'attraper', je me retourne et je vois qu'il y a six policiers sur Malcom. Il y a de la fumée de lacrymogènes partout, je crie 'arrêtez, ne frappez pas, ne frappez pas'. Ils le tapent tellement qu'il a l'air évanoui, ils continuent de l'insulter : 'sale négro', 'prends ça'. J'essaie de m'interposer, ils se tournent vers moi, me matraquent, hurlent des choses que je ne comprends pas, je suis projetée au sol, gazée au visage à bout portant, je ne vois plus rien, je ramasse des coups.

Je m'écarte, les yeux rouges, et quand je reviens sur les lieux, je ne vois plus Malcom, seulement quelques traces de sang.

Le lendemain matin, j'apprends qu'il est en garde à vue et doit passer en comparution immédiate. Il est inculpé de dégradations de bien privés [pour avoir cassé une vitrine et quelques rétroviseurs] et rébellion. Le jugement est renvoyé à la fin du mois. Selon son avocate, il risque entre quatre et huit mois de prison ferme.

J'ai porté plainte à l'inspection générale des services (IGS) pour violences, même si je sais que ça ne servira pas à grand-chose. En attendant, Malcom reste en détention provisoire, sans même avoir été jugé. Il a un casier judiciaire, mais il a déjà payé sa dette et là il a juste brisé quelques rétroviseurs. Et la vitrine qu'on l'accuse d'avoir brisé, le propriétaire du magasin ne porte pas plainte et accepte qu'on le rembourse. Et ils veulent le mettre six mois en prison pour ça…"


Alex, 22 ans, étudiant à Lyon

"Après les résultats des élections, je suis descendu à la manif en centre-ville, place Bellecour. Je descendais manifester, pas casser quoi que ce soit. Nous nous sommes retrouvés sur un pont, sous lequel se trouvaient les militants UMP réunis sur une péniche. Certains des manifestants ont commencé à leur jeter des objets divers. J'ai quitté ce groupe pour ne pas être assimilé aux casseurs.


Les policiers commencent à utiliser leurs flashballs dans tous les sens, et à interpeller des manifestants. Je cherche à aider une jeune fille qui va se faire interpeller, et dans un mouvement brusque, je fais tomber une policière qui en tentant de freiner sa chute se fait une contusion au poignet. Je tiens à souligner que je regrette cet acte, et que mon intention n'était pas de la blesser.

J'ai ensuite été interpellé, amené au commissariat et accusé de de 'violence et de rébellion'  à l'encontre d'une 'personne dépositaire de l'autorité publique', de surcroît avec 'arme par destination' - une accusation que je conteste. Au commissariat, j'ai été correctement traité. Mais j'ai ensuite été interrogé plusieurs fois, longtemps, et ils voulaient me faire dire que j'avais 'roué de coups' la policière. A bout de nerfs, j'ai signé des papiers dans lesquels je reconnais lui avoir 'asséné de légers coups de pieds' alors qu'elle était à terre.

Je n'ai pas subi de violences physiques, mais 'uniquement' psychologiques et morales. Certains policiers prenaient un malin plaisir à donner des coups sur la porte des cellules afin de nous empêcher de dormir. J'en entendais certains faire des blagues douteuses (il y était question de 'charter') sur des clandestins qui étaient là.

Je suis ensuite passé en comparution immédiate et j'ai été condamné à trois mois de prison ferme malgré mon casier judiciaire vierge et 1 000 € d'indemnités et de frais d'avocat pour la partie civile. Le juge lui-même a affirmé que c'était 'une peine exemplaire' et 'sévère'.


Plus de témoignages et des comptes-rendus des comparutions immédiates sur le site Rebellyon.info (Lyon),Indymedia Nantes, témoignages et conseils sur Indymedia Paris.



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Commentaires / Gueulantes
Le 15/05/2007 - 16:59, par 2 V DJHIAN -
ben dites donc , c'est pire qu'au CHILI ! mais aucun risque , le stade de france pourra contenir plus de monde que celui de santiago , et le " pinochet de service " pourra beneficier d'un carré V I P dernier cri ,( je ne fais pas référence aux cris des suppliciés , allons ne shématisons pas ) .
Le 15/05/2007 - 17:56, par Jihane -
Bilan au 12/05/07 des manifestations post-élections présidentielles.

Selon les calculs des Renseignements généraux (RG), d'une précision redoutable, 9680 personnes auraient manifesté en France le 06/05/07 . A Paris, les estimations varient de 200 à 5000 personnes (oui, tout n'est pas aussi précis...). Les manifestants auraient été 2000 à Bordeaux , de 150 à 700 à Lyon, de 200 à 300 à Marseille, 200 à Strasbourg, de 1200 à 2500 à Toulouse. Dans les villes de Nancy, Mulhouse et de Metz, on a compté entre 200 et 700 manifestants . Les manifestations du lendemain, le 07/05/2007, ont, selon les dépêches d'agences de presse réuni moins de personnes : 400 à Lyon ; entre 150 et 400 à Nantes ; 300 à Rennes et à Tours . Mais on peut raisonnablement supposer que ces chiffres sont largement sous-estimés. En effet, on a compté plus de manifestants à Caen qu'à Paris, respectivement 800 et entre 200 et 500 dans la capitale. Le 08/05/2007, les seuls chiffres disponibles font état de 150 manifestants à Paris , 200, dans l'après midi, à Lyon et 400 en soirée.

Pour le 09/05/2007, les médias font seulement référence à la manifestation anti-fasciste qui a réunie entre 300 et 400 personnes à Paris, place Saint-Michel . Près de 1000 arrestations Ces manifestations ont donné lieu à une très forte répression. Pour le premier soir, la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) affirme que 592 personnes on été arrêtées . Mais encore une fois, il est fort probable que ce chiffre soit en dessous de la réalité. A titre d'exemple, quand la DGPN comptabilise 46 arrestations à Paris, la Préfecture de Police de Paris en annonce 79 . En rapportant les 592 arrestations comptabilisées par la DGPN aux près de 10 000 manifestants recensés par les RG, on arrive à un ratio de 6% d'arrestation ! Pour la nuit du 7 au 8 mai, la DGPN annonce 160 arrestations dont 20 à Paris . La Préfecture de Police de Paris parle, quant à elle, d'une centaine d'arrestations dans la capitale . Les manifestations du 08/05/07 ont donné lieu, toujours selon la DGPN, à 89 arrestations en France dont 3 à Paris . Le 09/05/07, la police se surpasse. Cent dix huit personnes sont arrêtées à Paris lors de la manifestation anti-fasciste ; soit entre 30 et 39% des manifestants . Au même moment se déroulait une manifestation de néo-nazis. 400 à 500 fascistes ont pu parcourir le VI arrondissement " cagoulés et masqués ", faisant le salut nazi et encadrés par un service d'ordre portant des bats de base-ball, sans être inquiétés par les forces de l'ordre ...

Ainsi entre le 06/05/07 et le 09/05/07, selon les chiffres officiels,près de 1000 personnes ont été arrêtées. Un total de 8 ans de prison ferme. Ces arrestations ont déjà donné lieu à la condamnation à de la prison ferme de 36 personnes. Le tribunal correctionnel de Lyon a distribué 26 mois de prison à 9 personnes avec des peines variant de 2 à 6 mois d'emprisonnement. A Paris, 4 personnes ont été condamnées à 4 mois chacune . A Rennes, ce sont 5 personnes qui ont pris entre 1 et 3 mois. A Toulouse, un manifestant a écopé de 8 mois à lui seul . A Bordeaux, 7 personnes se vont vues condamnées à des peines variant de 4 à 6 mois .A Charleville-Mézières, 6 et 4 mois . Au Creusot, 2 mois pour un manifestant ..... Au bas mot, l'ensemble de ces condamnations représente 8 ans d'emprisonnement. Et ce n'est qu'un début car d'autres comparutions sont prévues.

7 blessés dont un par balle. Si les médias ont largement diffusé le bilan des victimes dans les rangs des forces de l'ordre, ils se sont évidemment montrés moins diserts quant au nombre de blessés parmi les manifestants. On compte un blessé par balle à Grigny et 6 autres blessés à Lyon, Nantes et Paris .

Sources : AFP, 07/05/07, 9h54 AP, 07/05/07, 23h20 AFP, 07/05/07, 2h03AP, 06/05/07, 22h35 AFP, 08/05/07, 19h07 AFP, 08/05/07, 11h09 AP,08/05/07, 00h33 AFP, 08/05/07, 23h54 Reuters, 09/05/07, 9h45 AP,07/05/07, 19h19 AP, 07/05/07, 11h38 AP, 08/05/07, 18h06 AP, 09/05/07,20h03 Libération, A Paris, défilé cagoulé d'extrémistes de droite ,11/05/07 AFP, 10/05/07, 8h01 Libération, A la Grande Borne, un mineurblessé par un policier, 10/05/07 Reuters, 07/05/07, 16h07 AFP,08/05/07, 23h54 Libération, Manifs anti-Sarkozy : un ingénieur victimed 'une bavure porte plainte, 11/05/07

Une occasion aussi de rappeler qu'en cas d'arrestation, il faut refuser le sytème du plaider-coupable et de la comparution immédiate. Ce système permet un "allégement" de peine...sauf que dans 95% des cas, la peine est plus lourde car aucune défense n'a pu être préparée. L'an dernier lors du CPE tous les jeunes qui ont fait de la ferme sont passés en plaider-coupable...ce qui n'est pas le cas de ceux qui ont préparé leur défense. Par ailleurs, légalement, nul n'est tenu de déclarer autre chose à la police que son identité et son domicile...donc pas d'obligation de signer quoi que ce soit. Voici les docs que la police peut demander de signer: une notification des droits, un inventaire de fouille, un rendu de la fouille, le procés verbal d'audition (mais on a le droit de dire que l'on n'a rien à déclarer...ensuite c'est une question de guerre des nerfs), notification de fin de garde à vue, registre des gardes à vue, éventuellement une convocation en justice... Quoi qu'on signe, tout relire...et il n'est encore une fois pas obligatoire de signer un document qui porte des mentions avec lesquelles on n'est pas d'accord, ou s'il ne contient pas quelque chose que l'on a dit et que la police refuse de modifier...on peut même refuser de signer si, tout compte fait on n'est pas satisfait de ce que l'on a dit...et même refuser de signer par principe (plus facile de contester lors d'un procès). En tout état de cause ne pas dire d'avance qu'on refuse de signer..ne serait-ce que pour avoir le droit de lire son PV...
Le 16/05/2007 - 13:00, par A la cité des 3000 -
Pour ceux qui seraient intéressés par ce qui s'est passé suite à l'élection de Sarkozy - dimanche et les jours suivant dans la rue - :

"Un peu avant 22 heures, dimanche 6 mai, dans la cité des " 3000" à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), la police intervient sans ménagement. Alors que la situation est parfaitement calme, une douzaine de policiers, casqués, se précipitent sur un groupe d'habitants et plaquent au sol, violemment, deux jeunes gens. Dans une grande confusion, les forces de l'ordre donnent des coups de matraque, touchant plusieurs personnes. A plusieurs reprises, ils font usage de leurs flash-balls - des armes qui projettent des balles en caoutchouc pouvant assommer un adulte - en direction des habitants.
L'attitude de la police provoque une réaction immédiate de la trentaine de jeu-nes qui se mettent à jeter des pierres et des bouteilles sur les forces de l'ordre. Des CRS arrivent rapidement en renfort et dispersent la foule. Ils repoussent durement les adultes, dont des animateurs, qui tentent d'apaiser les esprits. Le conseiller général PS du secteur, Gérard Ségura, qui avait fait le tour dela cité pour alerter les jeunes sur les risques de " provocations " des forces de l'ordre, voit un policier pointer son flash-bail à " 20cm "de son menton. La scène a été racontée dans Le Monde du 8 mai.
Au moment oû ils interviennent dans la cité dite Rose-des-Vents, les policiers ne savent pas qu'un journaliste du Monde et un photographe, Freddy Muller, sont sur place depuis la fin de l'après-midi. Notre reportage visait alors deux objec-tifs recueillir les réactions des habitants après la victoire de Nicolas Sarkozy et raconter, le cas échéant d'éventuelles vio-lences urbaines. Les " 3000" n'avaient pas été choisis par hasard au premier tour, Ségolène Royal a obtenu 66 % des suffrages dans le bureau de vote central, signe d'un fort rejet de Nicolas Sarkozy; et des rumeurs d'" émeutes " avaient cir-culé dans ce quartier, réputé parmi les plus durs d'Ile-de-France.
Mais Aulnay présentait un autre intérêt le fait de bien connaître la cité et ses habitants permettait de falrevernr un photographe en toute sécurité - démarche de plus en plus délicate dans les quartiers sensibles - et de pouvoir rester sur place pendant la nuit. Ce reportage s'inscrit en effet dans un investissement de long terme dans ce quartier " ghetto " de 18 000 habitants. Depuis novembre 2005, c'est la 20ème fois que nous venons rencontrer les habitants.
La confiance établie avec eux rendait possible le fait d'être témoin direct du cycle de violences et de vengeances entre jeunes et policiers qui perturbent régulièrement la vie de cette cité. Ainsi, le soir du 6 mai, c'est la police qui paraît brutale, illustrant les nombreux témoignages de "bavures" recueillis depuis dix-huit mois dans le quartier. Les jeunes, comme les adultes, dénoncent notamment les contrôles d'identité à répétition et les interpellations rugueuses. D'autres font état d'insultes régulières, en particulier de la part des CRS.
Quelques mois plus tôt, c'était la police qui était victime de violences " gratuites "pendant les émeutes de 2005, l'an-tenne de police du quartier avait été incendiée; le 19 octobre 2006, un équipage était violemment agressé; une semaine plus tard, un groupe de mineurs brûlait des voitures. Une illustration sur le long terme de la " double radicalisation" dont Parlent les sociologues à propos des rapports entre jeunes et policiers dans les quartiers.

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