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Rolling Stones, Bono & Co. : fuir le fisc pour éponger la dette


Les Agit Propalogandistes, le 17/02/2007 à 0:41 / dans : Economiques

La Bande à Bono : éponger la dette sans s’vider les poches




Un article récent du New York Times (« The Netherlands, the New Tax Shelter Hot Spot ») s’intéresse à la nouvelle préoccupation des mégastars du rock’n’roll : fuir le fisc !

Cela fait trente ans que Mick Jagger, Keith Richards et Charlie Watts des Rolling Stones ont remis leur fortune entre les mains d’un comptable néerlandais, Johannes Gavie, PDG de Promogroup. Pendant les vingt dernières années, sur les 450 millions de dollars qu’ils ont fait passer aux Pays-Bas, les Rolling Stones n’ont payé que 7,2 millions à l’État néerlandais. En Angleterre, le taux d’imposition aurait été de 40 %, soit 180 millions de dollars. De 180 millions de dollars à payer à l’État britannique, les trois-quarts de l’un des plus grands groupes de rock de toute l’histoire humaine ont réussi à tout ramener à… 7,2 millions. 180 – 7,2 = 172,80 millions de dollars perdus pour l’État britannique. Ce n’est même pas que les Rolling Stones trouvent que le taux d’imposition en Grande-Bretagne est un peu fort de café ; pour en arriver à réduire de 180 à 7,2 les millions de dollars qu’ils devraient payer au fisc, il faut vraiment avoir examiné tous les ressorts et tiré toutes les ficelles possibles et imaginables. Autant dire qu’ils refusent plein pot le principe de l’impôt. Ils viennent d’ailleurs de créer deux fondations privées aux Pays-Bas pour pouvoir remettre leur argent à leurs héritiers sans avoir à payer de taxes. La « Mick Jagger Fisc Fucking Foundation » ; son dicton : « Courage, fuyons. » Le nouvel esprit du rock multinational.

Vous allez peut-être me trouver cynique, mais il n’y a finalement rien de très étonnant à cela : si c’est pas très rock ’n’ roll de se préoccuper à ce point de son flouze, ça l’est beaucoup plus d’en avoir rien à battre de l’État et d’envoyer bouler ses sangsues. Un diagnostic plus clinique nous rappelle que les Rolling Stones sont un gros business multinational, ils vendent des disques, des places de concert, des T-shirts et des pin’s aux quatre coins du globe (et bientôt sur mars), ont jadis envahi les panneaux publicitaires et font les couvertures de revues aussi diverses que le Financial Times et Ados boutonneux. Rien d’étrange à ce qu’ils suivent la voie tracée par les multinationales qui les ont précédés dans l’optimisation fiscale à l’ère des flux mondialisés de capitaux. Rien d’inimaginable dans le fait qu’ils profitent de « boîtes à lettres » et de fondations privées pour exiler leurs capitaux. Tant pis pour les recettes fiscales de l’État britannique.

Pour échapper à une réforme fiscale irlandaise qui est revenue fin 2006 sur le répit fiscal accordé aux royalties, U2 a décidé d’exiler son catalogue de chansons aux Pays-Bas. Devinerez-vous à qui le groupe en a remis la gestion ? À… Promogroup, bien évidemment. Étrange, inimaginable ? Pas du point de vue de cette nouvelle rock attitude. C’est tellement branché d’envoyer paître le collecteur d’impôts, ça fait très anarchie quoi, et ça permet d’être en phase avec le contribuable révolté, qui est très anarchie, lui aussi. Mais ça devient un tantinet plus embarrassant lorsque le brave Bono ne se contente pas d’emmerder le fisc, mais qu’il fait aussi le clown à Davos pour plaider la cause de l’annulation de la dette des pays du Tiers-Monde. Bono, candidat au prix Nobel de la paix, qui fait disparaître d’Irlande les centaines de millions d’euros net qu’il a gagnés avec U2 en 2006 (629 millions d’après le Sunday Times). Je pourrais facilement, avec ton aide Ô rockeur aigri, jouer au fan déçu se répandant sur des blogs et des blogs en reproches fielleux, s’insurgeant contre l’absurde qui veut qu’une idole roquèneraule méprise l’éthique sex-drugs, trahisse la cause pour le haut-de-forme, et piétine d’une indifférence contre-nature l’adoration aveugle de milliers de minettes et de minos passés dans l’entre-deux âges. Je serais peut-être plus loquace si ça m’allumait, cette juxtaposition de musique teen pour pleurer au Live Aid et de folk catho pour dîners de galas en station thermale suisse, mais voilà, je ne suis pas très branché.

 

Non, le plus fascinant, c’est finalement la cohérence de l’antithèse : pour le comprendre, tentons un raisonnement – je suis sûr que vous aimerez. Pour être endetté, il faut que d’autres aient prêté de l’argent. Inversement, pour ne pas être endetté, il faut avoir refusé tout prêt. Les multinationales, souvent, souhaitent investir dans les pays endettés, c’est pour leur bien aux deux. D’ailleurs, ça ne contribue pas à la dette du pays, et en plus, les entreprises n’ont pas besoin d’imposer pour dépenser (elles ont déjà accumulé pour investir). Mais les pays endettés imposent pour rembourser la dette, donc pas d’investissements. La solution, plus limpide qu’une lapalissade : annuler la dette pour annuler les impôts. Certes, les services publics passent à la trappe, mais le monde n’est pas parfait. D’ailleurs, les pays riches imposent mais ne remboursent pas la dette, alors autant les envoyer bouler.

De toute façon, géopolitique macroéconomique à part, frauder les États nationaux occidentaux et annuler la dette des pays du Tiers-Monde, ça sonne plutôt bien, c’est fluide. Qu’importe la rationalité ! le raisonnement a le charme d’un tiers-mondisme sur le retour. Le projet est en fait on ne peut plus actuel. Le système néo-libéral a besoin de ces figures hybrides, qui synthétisent d’une part les valeurs de l’anticonformisme populopop et de la réussite individuelle capitaliste (Bono chante aux jeunes et dialogue avec les ploutocrates), et d’autre part l’antifiscalisme libertaire de droite et la charité universelle de gauche (Bono fuit le fisc et éponge la dette). À quoi sert la figure de Bono ? À rendre hype et people le binôme moyenâgeux charité/antifiscalité. Dans l’univers de ces mégastars pop, le sujet fiscal est une aberration : il accepte l’intrusion illégitime de la bureaucratie dans ses affaires privées, il s’aliène au monstre froid de l’État gaspilleur. Décider soi-même de l’attribution, de la répartition de ses revenus, c’est à la fois chevaleresque et miséricordieux.

La bande à Bono, c’est Pernaut en veste de cuir qui fait le compte des dettes des autres pour ne pas se vider les poches !



Mots-clés : Bono - U2 - fisc - fiscalité - Rolling Stones - George Bush - dette du Tiers-Monde - Mick Jagger, Keith Richards - Charlie Watts - Promogroup - Live Aid

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Commentaires / Gueulantes
Le 02/09/2007 - 21:46, par Fitsy -
Ce qui me fait bien rire perso, c'est qu'on sent votre objectivisme dans cet article oh combien édifiant. Se contenter de critiquer tranquillement les choix des gens ok, comparer leurs choix fiscaux et leurs combats qui n'ont pas grands choses à voir entre eux si ce n'est l'argent ok.Mais méler à cela des basses critiques sur la musique qu'il compose ne fait que trahir votre inaffection pour le personnage et c'est dommage : vous vous discréditez dans cette (plus que) simple phrase : "Je serais peut-être plus loquace si ça m’allumait, cette juxtaposition de musique teen pour pleurer au Live Aid et de folk catho pour dîners de galas en station thermale suisse, mais voilà, je ne suis pas très branché."

Vous m'aviez presque convaincue...
Le 04/09/2007 - 13:30, par Bono Bush -
Je n'aime pas le rock humanitaire, c'est vrai, ni la pop philanthropique - cet environnement de bonne conscience pour stars du showbiz, Bono qui fuit le fisc et serre la main de George W. Bush, déteint malheureusement, pour moi, sur la musique : je ne peux plus vraiment l'écouter de la même manière. C'est une manière de vivre la musique, d'investir les formes de sens. Libre à vous de faire autrement.

Mais, permettez-moi de retourner l'argument : si vous n'étiez pas attachée à la figure de Bono, si vous n'étiez pas séduite par son charme, seriez-vous alors convaincue par ce brûlot (qui assume joyeusement son ton sarcastique, sans prétendre à l'objectivité) ?
Le 04/09/2007 - 13:35, par Bush sings Bono -
Bono aime Bush, mais Bush raffole de Bono et U2, la preuve en musique :

http://video.google.com/videoplay?docid=6805063692754011230
Le 04/09/2007 - 16:41, par Fitsy -
Si il eut été plus objectif et moins agressif, peut être, oui ;) :)
Le 04/09/2007 - 17:10, par L'objeciti(vité)vite -
Bon... tant pis pour les sarcasmes, alors - vous devriez lancer une pétition contre le Canard Enchaîné, pour commencer... puis un comité pour euh... renommer la rue Voltaire ! parce que lui, dis-donc, il était sacrément pas objectif parfois, et drôlement sarcastique aussi... et... et... Zola ? c'est objectif ça ? "J'accuse !" mais pour qui y s'prend, lui ? y'a pas de preuves ! Et tous ces comiques là, y nous amusent, mais j'ai regardé tout le Djamel Comedy Club : pas UN fait, pas UNE démonstration objective, sur le racisme, et tout et tout ! NUL ! C'est vraiment pas républicain...
Le 04/09/2007 - 17:18, par L\\\\'objeciti(vité)vite -
Par ailleurs, le fond, la substance de ce brûlot, eux, demeurent : c'est un fait que Bono fuit le fisc, de même que Mick Jagger, ses potes des Rolling Stones (des mecs inspirés par des... bluesmen, quelle intégrité !). Voilà : pas la peine d'être objectif, ou d'être convaincu, je donne les références de l'article, de toute façon, pour que quiconque commence à s'ennuyer puisse s'informer "objectivement et ne pas s'attarder sur ce tissu d'infamies.
Le 07/09/2007 - 16:29, par Fitsy -
C'est juste que j'ai de la peine avec la "haine" gratuite. Désolée Monsieur/Madame (?) X. Pas besoin de s'exciter, je n'ai pas crié à la censure non plus. J'ai juste dit mon opinion.
Le 19/09/2007 - 17:37, par Bono Bush -
Haine gratuite ? Tu confonds sarcasme et haine (je m'en moque, personnellement, de Bono, mais pas les bonnes consciences : donc, j'en ai quelque chose à battre !) et... gratuité et fraude (diantre !). Qu'il fuie le fisc, pour moi, ce n'est pas gratuit, ce n'est pas rien, et qu'il aspire au Nobel de la paix en plus, au nom de valeurs qu'on trouve jolies et mignonnes...
Le 19/09/2007 - 17:38, par Totalitaire ? -
Moi, je souhaite qu'on censure les opinions.
Le 23/09/2007 - 11:56, par Fitsy (future dictatrice?) -
Je vous aurai tous sous mes ordres... Niak niak niak !
J'ai essayé de vous expliquer et vous avez pas essayé de comprendre. Pas grave. Critiquons.
Le 25/09/2007 - 13:00, par Totalitaire ? -
Critiquons, oui, les stars du showbiz qui non contents de s'en mettre plein les poches, prétendent sauver la planète grâce à la charité, épongeant les dettes en fuyant le fisc. C'est pourtant pas si difficile à comprendre, ou à critiquer, bon sang !
Le 14/11/2007 - 12:26, par neen -
Un rebond de plus sur la critique de Fitsy qui reproche à l'auteure de l'article sa désaffection pour la personne de Bono et sa musique :
je regarde sur youtube les videos anciennes du groupe, ma prime jeunesse , deuxième moitié des années 80 , le charisme du gars, sa fraîcheur, sa conviction, la musique riche et ennivrante, putain de groupe !!!

mais voilà c'était il y a longtemps... je ne peux pas entendre les "nouveaux" hits de U2 , ils sont vieux avant d'avoir existé.
Routine commerciale après avoir été immortels c'est la logique de tous les monstres sacrés du rock.
Une fois qu'on est devenu l'une de ces légendes on a plus qu'à faire tourner le business, et ensuite logique pour logique on reste entre businessmen dont le sport favori s'appelle "bonne conscience".
Ils font des concours entre eux ! on s'amuse comme on peut !
Mais le problème c'est que beaucoup de gens , notamment jeunes , mal informés , ou tout simplement peu formés à déjouer les masques du monde , se laissent berner et prennent ça pour un véritable engagement.
Alors certes le brûlot peut paraître "excessif" mais il y a une grande différence entre un propos imprégné de colère et un propos inspiré par la colère.
Ici on est dans le premier cas et la démonstration , elle, reste cohérente, a le mérite de poser les choses clairement et cherche à véhiculer autre chose qu'une rage vengeresse... surtout à titre perso contre un bonhomme célèbre et inaccessible : ça serait aussi ridicule qu'inutile , nous ne sommes manifestement pas dans ce registre-là !
Relisez donc la fable de LaFontaine à propos du coq tonitruant, du souriceau effrayé et du chat tout miel... Qui croque qui in the end ?
Le 16/03/2008 - 18:28, par Min's -
Article Débile...On n'y voit pas l'interet...Certe les pays du tiers monde sont trés pauvres, mais il faut savoir une chose : les rock stars doivent ils payer pour ça? Je n'en suis pas si sur, alors au lieu de reprocher a monsieur Hewson, alias Bono, de ne pas donne de fric et de le garder pour lui en évitant les impots, demandez vous plutot : pourquoi voudrait il sauver l'Afrique ? étant donné qu'il n'a jamais été obligé de le faire, j'y vois ici une bonne action, sinon les gens lui reprocheraient de rien faire...Et il n'a pas besoin d'être bien vu aux yeux des gens pour aidr l'afrique puisqu'il l'est déja grâce a ses talents musicaux...Quand aux Stones, c'est connu, ils sont radins...Et Alors? ...Ils gerent leurs argent et font ce qu'ils veulent, ce n'est pas à eux d'aider les pays pauvres, mais plutot aux gouvernement et je n'ai pas l'impression que vous l'ayez compris cher auteur de cet article. Soit on reproche aux stars de ne rien donner et de rien faire, soit on leurs reproche de combattre contre la pauvreté et de rien faire...Vous ne parlez même pas de ce qu'a pu apporté Bono aux associations d'aide humanitaire...Encore une fois, cette article est débile, la vie personelle et fiscale des gens en est une, leurs combats en est une autre. Interessez vous plutot aux recettes des multinationales qui pollue et exploitent les gens ou encore du budget de l'armée française (qui est abbérant , on se demande pourquoi l'armée existe..une connerie de l'homme)
Le 17/03/2008 - 3:13, par Blanc Bono et Bono Blanc vs. Homme noir à sauver contre la guerre -
Putain, moi qui souhaitais en effet que les rock stars paient pour éponger la dette du Tiers-Monde, me voilà défait par Min's (Minos ? Pin's ?).
1. Une bonne action, "sauver" l'Afrique... Hmm... Ça flaire bon la mission civilisatrice du rock'n'roll, ça !
2. C'est justement parce qu'il est bien vu par le business du rock qu'il a besoin d'être bien vu par les milliardaires de Davos, cher Minos !
3. Enfin, l'ensemble de votre commentaire a quelque chose de féérique (bouh, l'affreux budget de la guerre ! beurk, les multinationales qui polluent, comme elles sont méchantes ! si l'homme était moins con, y'aurait pas la guerre, na !), une ingénuité de prépubère de la politique qui ne mérite guère plus que mes doux sarcasmes...
4. Etc.

Edité par agitlog le 18/03/2008 à 12:36

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